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La Chine à la conquête de l’espace.
Date : 30/12/2005
Auteur : RFC
Octobre 2005 a été marqué par un nouveau bond en avant de la Chine : un parcours spatial de cinq jours, du mercredi 12 au dimanche 16 par les deux astronautes Fei Junlong et Nie Haisheng. L’ensemble du monde chinois a salué l’événement avec une immense fierté. Un entrepreneur taïwanais saluait le succès de la mission Shenzhou VI en ces mots: « Ceci démontre le développement scientifique et technologique de la mère patrie qui rattrape les Etats-Unis et la Russie. En tant que descendant de l’Empereur jaune, je me sens très fier, c’est sûr ! » La capsule spatiale Shenzhou VII a été lancée par la fusée Longue Marche 2 depuis la base de Jiuquan au nord-est de la province du Gansu, le mercredi 12 à 9h. Elle s’est posée 5 jours plus tard dans les steppes mongoles le dimanche 16 de bon matin, à 1 km du point de chute annoncé. Les astronautes ont pu réaliser diverses expériences de vie dans l’espace. Le succès de cette étape leur permet d’envisager de nouveaux développements dans la conquête de l’espace. D’après Jiang Jingshan, l’un des programmateurs du projet spatial, la Chine aurait dépensé jusqu’ici 20 milliards de Yuan, soit deux milliards d’Euros sur ce projet de vol spatial.
Autre prouesse encore plus coûteuse que le programme spatial : la construction de la ligne de chemin de fer du Tibet couvrant les 1.142 km qui séparent Golmud de Lhassa. La ligne passe à plus de 4000 mètres sur 960km et en son plus haut point à 5.072 m. d’altitude. Certaines régions traversées sont sujettes à des tremblements de terre. 100.000 travailleurs armés de bouteilles d’oxygène ont peiné sur le projet pendant six ans. Le chemin de fer du Tibet aurait coûté au gouvernement central 33 milliards de Yuans. La ligne devrait être ouverte aux voyageurs en juillet 2007. Il faudra 48h de train de Pékin à Lhassa. L’intérêt économique et stratégique de cette ligne est évident. Les Tibétains ne semblent pas craindre un afflux de migrants chinois, car les conditions de vie au Tibet sont trop dures pour eux. Ni le climat ni la nourriture ne leur conviennent. Ils attendent par compte un déferlement de touristes qui seront une source appréciable de revenus pour le pays. Dans des régions de population tibétaine déjà ouvertes aux touristes comme Jiuzhaigou au Sichuan, les milliers de visiteurs chinois sont initiés chaque jour à la culture tibétaine : soirée autour du mouton grillé, chants, danses, visite de village. Qu’en sera-t-il lorsqu’ils pourront se rendre au Potala par le train !
Les rencontres internationales de l’automne ont été riches en efforts diplomatiques qui permettent à la Chine de développer et d’assurer sa place dans un monde jusqu’ici dominé par l’Occident. Le président Hu Jintao a été accueilli avec tous les honneurs en Espagne, en Angleterre et en Allemagne. Il a pu s’asseoir dans le carrosse de la reine d’Angleterre. Dans chacun de ces pays pourtant des démonstrations ont pris place en faveur de l’indépendance du Tibet et de l’arrêt des persécutions du Falungong. Ces pays pourtant de tradition chrétienne n’ont pas marqué le même intérêt pour une plus grande liberté religieuse au profit des chrétiens. La visite du président Bush en Chine en novembre a été plus explicite au service de la démocratie et des libertés religieuses. Ses déclarations n’ont pas été publiées dans la presse chinoise. La Chine pense sans doute qu’elle n’a pas à recevoir de leçons d’un hôte qui n’est pas lui-même sans reproches dans le traitement des droits de l’homme et des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il faut pourtant saluer la présence du couple présidentiel américain à l’église protestante le dimanche. Les actes sont plus significatifs que les paroles.
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