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Voyage et réflexion
Voyage en Chine - compte rendu par le Père Gilles Sander
Date : 07/03/2007
Auteur : Gilles Sander
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Le voyage
PEKIN
Dès notre arrivée, d’anciens étudiants chinois de Lyon nous attendaient, et nous avons été hébergés par un ami français qui parle chinois.
Les premiers contacts ont immédiatement confirmé l’importance de ce qui s’était vécu à Lyon. Ils ont permis aussi de créer des liens entre les Chinois de Pékin qui ne se connaissaient pas ou qui n’étaient pas liés à un groupe.
· Les parents Zhong
Ce couple a perdu leur fils, étudiant à Lyon, il y a deux ans, dans des circonstances qui n’ont pas pu être éclaircies. A cette occasion, comme leur fils était passé plusieurs fois à l’aumônerie, ils sont venus nous voir. Au cœur de ce drame, on peut imaginer leur souffrance. A l’aumônerie ils ont découvert la foi chrétienne. Six mois après, ils ont été baptisés à Pékin !
Même si nous avions gardé une correspondance suivie, quelle joie en les revoyant chez eux, de constater leur changement, illuminés de l’intérieur par la foi. Nos échanges sont venus confirmer la profondeur de leur vie chrétienne et nous ont édifiés.
En priant avec eux, j’ai pu percevoir la communion qu’ils ont gardée avec leur fils, on peut parler d’une véritable communion des saints. La Chine a certainement à nous apprendre sur le respect et le culte des anciens.
Ils étaient accompagnés d’un professeur baptisé en même temps qu’eux. Il nous a impressionnés par la justesse de sa foi et de son engagement concernant l’évangélisation. Il nous disait que la Chine avait beaucoup souffert, mais qu’à cause de cela elle allait recevoir quelque chose de Dieu. Pour lui, c’est une évidence qui explique l’ouverture des Chinois à la Parole de Dieu.
On comprend l’Eglise quand elle dit, qu’après l’Europe et l’Amérique, l’Asie sera le continent du 3ème millénaire.
· Visites dans Pékin
A travers la visite de quelques sites dans Pékin, j’ai retrouvé la même facilité de contact que dans la Basilique de Fourvière. Les Chinois rencontrés dans la Basilique sont donc bien représentatifs de la Chine. Climat permanent de fête familiale, de joyeuse convivialité. En comparaison du premier voyage, il y a 2 ans, j’ai trouvé les gens plus libres, comme à la veille d’un événement spirituel qui se prépare. Le meilleur d’eux-mêmes continue de se libérer.
Nous avons eu aussi un bon échange avec le chef cuisinier d’un restaurant musulman de Pékin. A la muraille de Chine, contre toute attente, j’ai retrouvé un prêtre dont je cherchais les coordonnées !
LA CHINE DU NORD
Après les visites à Pékin, parfois en limousine de luxe (certains des étudiants de Lyon ont maintenant une place importante dans la société), un autre style de voyage nous attendait.
Après deux heures d’avion, nous devions prendre un train sans avoir eu de renseignements précis. Dans la gare centrale, il y avait une foule encore plus importante que d’habitude, et le bruit rendait l’utilisation de notre téléphone portable - notre « interprète » - presque impossible. Nous ne le savions pas mais tout était bloqué à cause d’une panne informatique.
Dans la file d’attente à côté, quelqu’un regardait le chapelet que j’avais au poignet. Nous nous découvrions rapidement tous les deux catholiques et au moment où j’allais lui dire en chinois que j’étais prêtre lui-même me dit : « je suis prêtre ! ». Arrivé plus vite que nous au guichet, il put nous acheter rapidement les billets dont nous avions besoin. Nous avons pu ainsi prendre notre train à temps. Il restait quelques heures de train (à 60 km/heure) dans une ambiance bon enfant comme si tout le monde se connaissait. Les contacts vont sur l’essentiel malgré l’obstacle de la langue.
Enfin, nous arrivons à la gare de destination, accueillis par notre hôte qui nous parle de 15 km encore à parcourir ; mais qui devaient être un peu longs... En effet, après 1/4 d’heure de taxi camionnette, 2 tracteurs sans remorque nous attendaient. Il fallait encore faire très difficilement 10 kilomètres dans la boue et les ornières, en 1 heure et demie. Surprise... mais surtout surpris d’arriver directement pour la messe avec une communauté extraordinairement dynamique et fervente. L’assemblée se prépare à célébrer la messe au moins une demi-heure à l’avance par des chants ou le chapelet. Il y avait beaucoup d’enfants et d’adultes qui viennent de découvrir la foi. Il y a 6 mois, sur la paroisse, il y avait 20 chrétiens. Aujourd’hui, à la messe de la semaine, il y a 120 personnes, et un peu moins à la prière du matin !
S’il y a le téléphone portable et la télévision, le confort des habitations est presque absent, peu d’eau courante, et pas d’égouts. Par contre la charité fraternelle est exceptionnelle ; on n’a pas grand chose mais on donne tout ce que l’on a. La pauvreté matérielle ne s’apparente pas à la misère, avec toutes ses détresses comme dans bien des pays du monde actuellement.
Dans ce diocèse, de la taille de la France, une paroisse peut faire 100 km de long et de large. Pour les 1500 catholiques d’une paroisse voisine, il y a eu 200 baptêmes d’adultes l’an passé.
Un couple d’anciens du village qui se souvenait des missionnaires suisses ici il y a plus de 50 ans, m’a aidé à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une terre vierge, mais habité par la foi de ceux qui sont restés fidèles. C’est sur ce terreau que la moisson peut lever aujourd’hui.
Nous avons pu visiter des petits villages dont l’un s’est converti spontanément et entièrement, il y a 8 ans, suite à un exorcisme. Un autre village est devenu chrétien progressivement par la conversion successive de tous ses habitants depuis une dizaine d’années.
QUELQUES REFLEXIONS
Quand on voit la profondeur de leur foi, on voit bien à quel point ils sont mûrs pour recevoir l’Evangile. Déjà, je constate, à longueur d’année, dans la Basilique la réceptivité des Chinois non chrétiens à l’annonce de la Parole de Dieu ; ici je découvre des communautés qui en vivent déjà profondément. Cette réceptivité est l’expression d’une maturité de la culture dans son ensemble, elle n’est pas superficielle ou passagère.
Nous étions dans une réelle pauvreté à cause de la langue, même si j’ai pu prêcher et participer aux baptêmes. Nous venions bien visiter avec émerveillement des frères dans la foi. En retour, les chrétiens du lieu nous disaient leur reconnaissance de découvrir grâce à nous la communion fraternelle avec des chrétiens d’un autre continent.
Le souci actuel des prêtres, parce qu’ils sont peu nombreux, est de préparer les chrétiens à l’évangélisation. Les communautés chrétiennes locales ont besoin d’apprendre à évangéliser.
Jusqu’à aujourd’hui la mission s’est faite avec des missionnaires qui se préparaient de longues années et se destinaient à rester sur place. Ces dernières années, des prêtres et des religieuses de Chine ont passé beaucoup de temps à se former en Europe. Cela s’est fait avec beaucoup de difficultés, principalement à cause de la langue.
N’y aurait-il pas la possibilité de préparer des laïcs simplement à être interprètes? Cela permettrait de faire venir plus rapidement, en plus des missionnaires traditionnels, des personnes qui viennent apprendre aux chrétiens par des missions ponctuelles, à savoir témoigner de leur foi. Il ne devrait pas manquer de communauté nouvelle en Europe apte à remplir ce type de mission. Les communautés locales existantes pourraient assurer le suivi.
La mondialisation permet par les techniques et la rapidité des transports, des possibilités nouvelles. Si l’évangélisation repose sur des personnes, actuellement, faut-il qu’elles soient toujours engagées à long terme comme autrefois ?
· Les prêtres
Malgré le manque de moyens et le peu de prêtres de ces diocèses, leurs préoccupations principales restent celles de l’Eglise universelle et de l’évangélisation, sans se limiter aux difficultés ou aux habitudes locales.
Par exemple, nous espérons mettre en place un mode de collaboration entre nos sites internet. Cette initiative dépasse largement les préoccupations du diocèse. Le clergé est lucide sur la précarité de sa situation, mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Avec les Chinois, quand il s’agit d’évangélisation, nous sommes tout de suite en communion.
SHANGHAI
Accueil providentiel d’une famille française que nous ne connaissions pas. C’était déjà une joie de célébrer la messe chez eux en privé, quand on pense à ces missionnaires qui ont attendu toute leur vie pour pouvoir entrer en Chine.
Mais le dimanche matin à 10 heures, j’ai pu concélébrer la messe en chinois à la cathédrale ; ce fut pour moi l’une des plus belles messes de ma vie de prêtre, car je voyais concrètement, l’aboutissement de ce vers quoi tend tout le travail d’évangélisation sur Lyon. L’acclamation de l’Evangile, par l’Alléluia de Taizé, pourtant si connu, fût pour moi le plus bel alléluia jamais entendu ; c’était bien celui du matin de Pâques, et celui de la résurrection de tout un peuple. A la communion, j’ai béni beaucoup d’adultes, probablement des catéchumènes, au point qu’il y avait des acolytes pour m’aider.
Dans l’après-midi en revenant à la cathédrale, j’ai vu qu’à l’entrée on propose à tous les visiteurs, un petit livret (50 pages) qui explique qui est Jésus. Un autre dépliant est également mis à la disposition des visiteurs ; ses deux tiers sont consacrés à l’explication de la messe.
Je pensais prendre un moment de prière dans la nef de la Cathédrale, mais tout de suite j’ai été abordé par une étudiante chinoise très en recherche. Nous avons passé une heure à discuter ; je crois que c’était la première fois qu’elle rentrait dans une église, alors quelle avait déjà lu deux fois un très gros livre racontant une histoire erronée de Jésus.
· Rencontre avec Mgr Jin l’évêque de Shanghai
Joie de rencontrer ce pasteur chinois avec lequel le diocèse de Lyon a le plus de liens. C’est lui qui, lors de sa visite chez le Cardinal Barbarin à Lyon en octobre 2003, avait proposé, gratuitement, par centaine les nouveaux testaments en chinois dont je pourrais avoir besoin. Ces nouveaux testaments sont imprimés par le diocèse de Shanghai à partir de papier donné par les protestants.
Cette initiative de Mgr Jin a contribué fortement à confirmer l’aumônerie de Lyon dans son orientation, dés le départ, vers une annonce de l’Evangile aux non chrétiens. Il est frappant de voir que ce pasteur chinois qui s’est battu toute sa vie (dont 17 ans de prison) pour son église garde toujours la priorité à l’évangélisation. Ce désir d’évangéliser dépasse nos frontières. Il crée entre nous une profonde communion.
· Rencontres diverses
On peut citer, parmi les repas, celui pris avec une famille ayant des responsabilités très importantes dans la société. Depuis 8 ans, l’un après l’autre découvre la foi catholique. Cette famille nous a montré à quel point ce sont tous les milieux de la société qui sont touchés par la foi !
Nous avons eu d’autres repas, toujours avec des anciens étudiants de Lyon, dont l’un baptisé protestant dans une famille, en France. Il lit la Parole de Dieu, sans lien avec une communauté chrétienne. Il nous disait par exemple que si sa femme avait réussi à retrouver un travail de façon inespérée, "c’était parce que Jésus l’aimait". Le regard de foi qu’il portait sur sa femme n’est-il pas celui que porte les chrétiens sur la Chine tout entière ? C’est bien ce regard et cet amour de Dieu qui fonde toute évangélisation, ici en particulier pour la Chine.
Nous avons passé un moment à la librairie de la paroisse Saint-Pierre pour l’approvisionnement en livres. Puis nous avons rencontré un prêtre de 90 ans (dont 20 ans de prison). Il parlait encore le français, appris par des missionnaires, il y a plus de 60 ans. Sa joie fut grande de voir ce qui se faisait à Lyon ; elle répondait à l’espérance de toute une vie.
Nous avons aussi rencontré un autre missionnaire travaillant humblement pour la Chine, très heureux de pouvoir partager cette même communion autour de l’évangélisation.
Il y faut citer aussi ces merveilleuses œuvres de l’Eglise au service des plus pauvres, qui sans moyens financiers, s’occupent d’enfants handicapés, d’écoles, de personnes âgées etc.
· Sheshan
Ce sanctuaire marial, sur une montagne à 40 km de Shanghai, comme Fourvière se voit de loin. Il attire beaucoup de visiteurs. L’église a été construite à la fin des années 30. A l’intérieur, on trouve un très bref historique, mais surtout 5 grands panneaux de 2 mètres de haut, sur Jésus, la Bible, la vie chrétienne, la prière et les sacrements.
Shanghai, c’est aussi la croissance sauvage. Si l’homme est livré à lui-même avec ses seules forces, il peut se laisser prendre par les idoles ; l’argent restant le moteur principal de cette société, et tendant à réduire la valeur de chaque individu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que des pans entiers de la société peuvent être laissés pour compte. On côtoie les deux dans un tourbillon d’effervescence et de gigantisme.
CONCLUSION
· En Chine
Si l’Eglise grandit, c’est le signe d’une maturation de la société, à cause de son histoire récente mais aussi de ses… 5000 mille ans d’existence. Cela ne devrait pas être passager.
La diversité des rencontres, que ce soit dans les petits villages ou avec de hauts responsables dans les villes, est venue confirmer ce qu’il y a de spécifique dans l’évangélisation de la Chine : Un pays d’une telle grandeur et à l’histoire aussi longue, quand il se réveille, bouleverse nécessairement les données mondiales, mais aussi celles de toute l’Eglise.
Que l’Evangile se diffuse aussi rapidement, et dans tous les milieux, comme on a pu le voir au cours de ce voyage, me fait penser aux actes des Apôtres, quand au Concile de Jérusalem, l’Eglise a franchi une étape déterminante, en voyant la conversion des païens. D’une autre manière, plus tardivement, l’influence de la vie de l’Empire romain a bousculé le déroulement de l’histoire de l’Eglise. Avec la mondialisation, nous ne parlons pas d’une région géographique, mais bien de ceux avec qui nous avons nécessairement des liens, même en France. On parle bientôt de 10 millions de visiteurs par an en France. On vient d’annoncer officiellement qu’en France les étudiants chinois vont passer l’année prochaine de 25000 à 40000 ! A Fourvière, en ce moment, chaque dimanche, il doit y avoir en moyenne une dizaine d’étudiants qui viennent à la messe pour la première fois !
L’évangélisation des Chinois, aujourd’hui, est comme le point de rencontre entre la maturation de tout un peuple et le don de la grâce. Je vois avec les Chinois comment se réalise cette formidable synthèse entre les aspirations de la nature humaine et le don de la grâce qui nous est fait en Jésus. C’est cette synthèse qui définit ce qu’est l’évangélisation.
· En Occident
Par certains aspects, si nous sommes en panne d’évangélisation, c’est sans doute parce que nous nous sommes enfermés dans un rationalisme où la liberté est perçue surtout comme une revendication d’autonomie. Il est alors difficile de recevoir un amour qui se donne. Souvent, il ne reste comme lien avec le judéo-christianisme que le sentiment d’un carcan moraliste dont il faudrait se libérer. Je l’expérimente tous les jours dans la Basilique où les personnes les plus fermées à l’Evangile, sont presque toujours issues du Christianisme! Il y a parfois un contraste saisissant.
Il faut prendre en compte que depuis des générations, ceux qui n’étaient pas chrétiens, l’avaient été mais ne voulaient plus l’être. Il était alors difficile d’aller vers ceux qui sont justement en train de prendre de la distance avec ce que vous leur proposer. Nous avons une longe histoire d’anticléricalisme qui nous fait encore trop voir le « non-chrétien » comme une « menace ». Rien à voir avec ceux qui, aujourd’hui, ne sont pas chrétiens parce qu’ils ne l’ont jamais été et surtout qu’ils n’ont jamais rencontré de chrétiens avec qui parler de Dieu. J’aime utiliser le mot « évangélisation » pour ces rencontres, justement avec ceux qui n’ont jamais parlé avec un chrétien. C’est là spécialement, quand quelqu’un se sent reconnu, que la Parole de Dieu agit, là où l’on voit un cœur qui s’ouvre à la grâce.
Ce que nous avons fait maladroitement dans notre manière de vivre la mission autrefois, en imposant nos manières occidentales de faire à d’autres cultures, ne risque-t-il pas de se reproduire, mais cette fois-ci en sens inverse ? Peut-on, en effet, conserver le silence face à ceux qui nous demandent par leur présence, ce à quoi leur culture aspire actuellement ? La mondialisation permet une nouvelle culture de l’échange. Dans ce contexte notre démarche, respecte fondamentalement ceux à qui elle s’adresse puisqu’elle prend en compte une demande, et permet un dialogue qu’aucune culture ne peut réaliser.
Des générations de missionnaires ont donné leur vie pour l’évangélisation dans des pays lointains. Maintenant que les habitants de ces pays sont chez nous, nous ne pouvons pas rester silencieux !
Les prêtres chinois nous rappellent souvent, que de grands responsables politiques de la Chine, étaient venus faire leurs études en France dans les années 30… Ce n’est sans doute pas par hasard, si l’expérience auprès des Chinois est venue épanouir cette dimension fondamentale du sacerdoce que je portais déjà bien avant l’ordination; à savoir cette annonce de la Parole. Les difficultés rencontrées, là où j’attendais un soutien, ne sont-elles pas liées à cette panne dans la proposition de Foi. Car, après tout, si cette annonce est première dans la vie du prêtre, c’est bien parce que toute l’Eglise y est appelée.
La question « des vocations » est certainement liée à cette « vocation » de l’Eglise à l’évangélisation…
Je n’étais pas préparé pour la Chine, mais c’est l’évangélisation qui me l’a fait connaître et aimer. L’annonce de la Parole de Dieu est bien ainsi devenue le point de départ du dialogue. D’autant plus qu’à cause des obstacles de la langue on est obligé d’aller à l’essentiel : la Parole de Dieu. L’internet devient un support prodigieux pour la Parole de Dieu, et rend cette annonce accessible à tous ; même sans connaître la langue !
Comme dans l’Evangile, tout commence par un contact personnel, André dit à Pierre nous avons trouvé le Messie. Très concrètement, c’est par ce contact personnel que tout a commencé pour l’aumônerie des Chinois il y a maintenant quelques années, en étant simplement présent, en aube dans l’église. Dans la pauvreté, les évènements se sont chargés de conduire le reste. Il faut citer le rôle du groupe « alpha» qui a servi de révélateur au tout début. La possibilité d’aménager mon temps en gardant toujours cette priorité pour les « non-chrétiens ». Sans cette priorité d’agenda la situation pastorale actuellement ne permet pas concrètement d’y être disponible.
Mais surtout, si l’évangélisation est prioritaire, ce n’est pas parce qu’elle est nécessaire pour assurer la survie de l’Eglise. C’est dans ce sens que l’Eglise n’est pas une fin en soi ; mais qu’elle est signe du salut pour toute l’humanité. L’évangélisation est prioritaire, pour l’Eglise, parce qu’elle est fondée sur l’exigence de l’amour du prochain tel que le Christ nous le révèle.
Fondamentalement l’expérience chrétienne part d’une Parole :
« Au commencement était le verbe… et le Verbe s’est fait chair » (St Jean.1).
Comme Marie, puissions nous dire : « Qu’il me soit fait selon ta Parole ».
Quelques propositions concrètes :
NB 1 : L’oecuménisme
En Chine, à plusieurs reprises, la question du rapport avec les protestants est revenue, surtout de la part des néophytes Cette question est importante. Les protestants doivent être deux fois plus nombreux que les catholiques (peut-être100 millions ?). Cette question sort des problèmes internes comme la reconnaissance officielle de l’Eglise par le gouvernement. Je crois surtout qu’elle pose d’une manière nouvelle les rapports œcuméniques. Un peu comme les protestants, les catholiques en Chine ont le désir d’évangéliser, parce qu’ils savent ce qu’ils doivent au Christ. Par leur situation en Chine, les protestants ne pourraient-ils pas apporter à l’Eglise catholique ce qu’elle a besoin dans son désir d’évangéliser ?
D’autre part, l’expérience de l’œcuménisme, j’ai pu le constater très concrètement, toujours à partir des contacts personnels dans la Basilique de Fourvière, est une école indispensable pour apprendre à donner au dialogue interreligieux sa véritable fécondité spirituelle.
La priorité donnée à l’évangélisation va de pair avec le dialogue interreligieux, ces démarches vont ensemble. Même si je ne rencontre pour ainsi dire jamais de bouddhistes, cette question est importante, c’est en Asie aussi que vivent la plus grande partie des musulmans du monde.
NB 2 : Quelques moyens concrets
- Il y a sans doute beaucoup de moyens, tout simple, pour rendre accessible cette réalité de la proposition de la foi. Pourvu que nous nous sentions responsables de ceux qui frappent à notre porte. Si nous ne le faisons pas d’autres s’en chargeront. Il est significatif qu’absolument tous les étudiants chinois continuent d’être contactés avec insistance par les témoins de Jéhovah ou les Mormons dans la rue ou les résidences ! Ils ont compris avant nous leur attente, et ils profitent de ce que les Chinois ne savent pas faire la différence. Mais le préjudice le plus grave ne serait il pas de se servir de leurs abus pour justifier notre paralysie missionnaire ? En effet c’est cette capacité à communiquer, « aller » au devant du prochain, le reconnaître dans ce qu’il vit, qui protège l’Eglise du repli sur elle-même, et justement la différencie des sectes.
- Quand je pense à cette étudiante japonaise, pourtant catholique, pratiquant tous les dimanches qui après un an, n’avait jamais été invitée par des Français ! Peut-on imaginer par exemple, là où cela est possible, que des familles se chargent à tour de rôle de consacrer un dimanche par trimestre pour un accueil, en invitant au repas ou en assurant une présence dans l’église. Cela ne devrait pas nuire à l’équilibre des familles. La place du repas chez l’habitant est toujours très marquante en voyage, et dans l’Evangile…Les étudiants restent toujours très seuls les week-ends. On en voit d’ailleurs qui ne progressent jamais en français parce qu’ils n’ont pas l’occasion de le parler.
- Faire connaître les adresses des sites internet comme celui de l’aumônerie qui est franco-chinois. Cela permet ainsi de communiquer sur l’essentiel de ce que nous avons à transmettre sans nécessairement connaître la langue ! Un ingénieur français à pu ainsi évangéliser cet été un groupe de Chinois égarés et sans papier, en Moldavie !
- (Moi-même je ne connaissais absolument pas le Chinois au départ, et faute de possibilités pour m’y investir je ne sais encore pratiquement rien !)
- Dans nos églises mettre des passages de la Parole de Dieu en évidence sur une affiche et dans la langue du pays y mettre les adresses internet essentielles ; ainsi que sur les tracts de présentations.
- C’est une chance que les églises restent ouvertes et proposent un accueil qui ne soit pas seulement historique ou culturel, mais qui témoigne de la foi d’aujourd’hui. Un témoignage simple à travers une ambiance de prière a un impact beaucoup plus marquant surtout pour tous ceux qui ne passent que très rapidement en Europe. Les Asiatiques ne s’intéressent que très peu aux aspects historiques et culturels. Les musulmans aussi demandent à rencontrer des chrétiens. Ils demandent un témoignage actuel de la foi de l’Eglise sans lequel l’Islam leur semblerait la seule réponse aux problèmes du monde moderne, particulièrement en Europe …!
- Prévoir, au moins pour les grandes fêtes, des feuilles spéciales pour suivre la messe, avec quelqu’un qui se charge de les distribuer. L’internet donne des possibilités nouvelles pour réaliser ces feuilles. De voir qu’on pense à eux, même si cela ne se traduit pas par un effet visible immédiat, est déjà très important et peut déterminer un contact avec les chrétiens quand ils vont rentrer au pays.
Quand on voit la profondeur de leur foi, on voit bien à quel point ils sont mûrs pour recevoir l’Evangile. Déjà, je constate, à longueur d’année, dans la Basilique la réceptivité des Chinois non chrétiens à l’annonce de la Parole de Dieu ; ici je découvre des communautés qui en vivent déjà profondément. Cette réceptivité est l’expression d’une maturité de la culture dans son ensemble, elle n’est pas superficielle ou passagère.Nous étions dans une réelle pauvreté à cause de la langue, même si j’ai pu prêcher et participer aux baptêmes. Nous venions bien visiter avec émerveillement des frères dans la foi. En retour, les chrétiens du lieu nous disaient leur reconnaissance de découvrir grâce à nous la communion fraternelle avec des chrétiens d’un autre continent.Le souci actuel des prêtres, parce qu’ils sont peu nombreux, est de préparer les chrétiens à l’évangélisation. Les communautés chrétiennes locales ont besoin d’apprendre à évangéliser.Jusqu’à aujourd’hui la mission s’est faite avec des missionnaires qui se préparaient de longues années et se destinaient à rester sur place. Ces dernières années, des prêtres et des religieuses de Chine ont passé beaucoup de temps à se former en Europe. Cela s’est fait avec beaucoup de difficultés, principalement à cause de la langue. Cela permettrait de faire venir plus rapidement, en plus des missionnaires traditionnels, des personnes qui viennent apprendre aux chrétiens par des missions ponctuelles, à savoir témoigner de leur foi. . Les communautés locales existantes pourraient assurer le suivi.La mondialisation permet par les techniques et la rapidité des transports, des possibilités nouvelles. Si l’évangélisation repose sur des personnes, actuellement, faut-il qu’elles soient toujours engagées à long terme comme autrefois ?Les prêtresMalgré le manque de moyens et le peu de prêtres de ces diocèses, leurs préoccupations principales restent celles de l’Eglise universelle et de l’évangélisation, sans se limiter aux difficultés ou aux habitudes locales.Par exemple, nous espérons mettre en place un mode de collaboration entre nos sites internet. Cette initiative dépasse largement les préoccupations du diocèse. Le clergé est lucide sur la précarité de sa situation, mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Avec les Chinois, quand il s’agit d’évangélisation, nous sommes tout de suite en communion.Accueil providentiel d’une famille française que nous ne connaissions pas. C’était déjà une joie de célébrer la messe chez eux en privé, quand on pense à ces missionnaires qui ont attendu toute leur vie pour pouvoir entrer en Chine.Dans l’après-midi en revenant à la cathédrale, j’ai vu qu’à l’entrée on propose à tous les visiteurs, un petit livret (50 pages) qui explique qui est Jésus. Un autre dépliant est également mis à la disposition des visiteurs ; ses deux tiers sont consacrés à l’explication de la messe.Je pensais prendre un moment de prière dans la nef de la Cathédrale, mais tout de suite j’ai été abordé par une étudiante chinoise très en recherche. Nous avons passé une heure à discuter ; je crois que c’était la première fois qu’elle rentrait dans une église, alors quelle avait déjà lu deux fois un très gros livre racontant une histoire erronée de Jésus.Rencontre avec Mgr Jin l’évêque de ShanghaiJoie de rencontrer ce pasteur chinois avec lequel le diocèse de Lyon a le plus de liens. C’est lui qui, lors de sa visite chez le Cardinal Barbarin à Lyon en octobre 2003, avait proposé, gratuitement, par centaine les nouveaux testaments en chinois dont je pourrais avoir besoin. Ces nouveaux testaments sont imprimés par le diocèse de Shanghai à partir de papier donné par les protestants.Cette initiative de Mgr Jin a contribué fortement à confirmer l’aumônerie de Lyon dans son orientation, dés le départ, vers . Il est frappant de voir que ce pasteur chinois qui s’est battu toute sa vie (dont 17 ans de prison) pour son église garde toujours la priorité à l’évangélisation. Ce désir d’évangéliser dépasse nos frontières. Il crée entre nous une profonde communion.Rencontres diversesOn peut citer, parmi les repas, celui pris avec une famille ayant des responsabilités très importantes dans la société. Depuis 8 ans, l’un après l’autre découvre la foi catholique. Cette famille nous a montré à quel point ce sont qui sont touchés par la foi ! Nous avons passé un moment à la librairie de la paroisse Saint-Pierre pour l’approvisionnement en livres. Puis nous avons rencontré un prêtre de 90 ans (dont 20 ans de prison). Il parlait encore le français, appris par des missionnaires, il y a plus de 60 ans. Sa joie fut grande de voir ce qui se faisait à Lyon ; elle répondait à l’espérance de toute une vie.Nous avons aussi rencontré un autre missionnaire travaillant humblement pour la Chine, très heureux de pouvoir partager cette même communion autour de l’évangélisation.Il y faut citer aussi ces merveilleuses œuvres de l’Eglise au service des plus pauvres, qui sans moyens financiers, s’occupent d’enfants handicapés, d’écoles, de personnes âgées etc.SheshanCe sanctuaire marial, sur une montagne à 40 km de Shanghai, comme Fourvière se voit de loin. Il attire beaucoup de visiteurs. L’église a été construite à la fin des années 30. A l’intérieur, on trouve un très bref historique, mais surtout 5 grands panneaux de 2 mètres de haut, sur Jésus, la Bible, la vie chrétienne, la prière et les sacrements.Shanghai, c’est aussi la croissance sauvage. Si l’homme est livré à lui-même avec ses seules forces, il peut se laisser prendre par les idoles ; l’argent restant le moteur principal de cette société, et tendant à réduire la valeur de chaque individu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que des pans entiers de la société peuvent être laissés pour compte. On côtoie les deux dans un tourbillon d’effervescence et de gigantisme.En ChineSi l’Eglise grandit, c’est le signe d’une maturation de la société, à cause de son de ses… d’existence. Cela ne devrait pas être passager.La diversité des rencontres, que ce soit dans les petits villages ou avec de hauts responsables dans les villes, est venue confirmer ce qu’il y a de spécifique dans l’évangélisation de la Chine :Que l’Evangile se diffuse aussi rapidement, et dans tous les milieux, comme on a pu le voir au cours de ce voyage, me fait penser aux actes des Apôtres, quand au Concile de Jérusalem, l’Eglise a franchi une étape déterminante, en voyant la conversion des païens. D’une autre manière, plus tardivement, l’influence de la vie de l’Empire romain a bousculé le déroulement de l’histoire de l’Eglise. Avec la mondialisation, nous ne parlons pas d’une région géographique, mais bien de On parle bientôt de 10 millions de visiteurs par an en France. On vient d’annoncer officiellement qu’en France les étudiants chinois vont passer l’année prochaine de 25000 à 40000 ! A Fourvière, en ce moment, chaque dimanche, il doit y avoir en moyenne une dizaine d’étudiants qui viennent à la messe pour la première fois !L’évangélisation des Chinois, aujourd’hui, est comme le point de . Je vois avec les Chinois comment se réalise cette formidable synthèse entre les aspirations de la nature humaine et le don de la grâce qui nous est fait en Jésus. .En OccidentPar certains aspects, si nous sommes en panne d’évangélisation, c’est sans doute parce que nous nous sommes enfermés dans un rationalisme où la liberté est perçue surtout comme une revendication d’autonomie. Il est alors difficile de recevoir un amour qui se donne. Souvent, il ne reste comme lien avec le judéo-christianisme que le sentiment d’un carcan moraliste dont il faudrait se libérer. Je l’expérimente tous les jours dans la Basilique où Il y a parfois un contraste saisissant.Des générations de missionnaires ont donné leur vie pour l’évangélisation dans des pays lointains. Maintenant que les habitants de ces pays sont chez nous, nous ne pouvons pas rester silencieux !Les prêtres chinois nous rappellent souvent, que de grands responsables politiques de la Chine, étaient venus faire leurs études en France dans les années 30… Ce n’est sans doute pas par hasard, si l’expérience auprès des Chinois est venue épanouir cette dimension fondamentale du sacerdoce que je portais déjà bien avant l’ordination; à savoir cette annonce de la Parole. Les difficultés rencontrées, là où j’attendais un soutien, ne sont-elles pas liées à cette panne dans la proposition de Foi. Car, après tout, La question est certainement liée à cette de l’Eglise à l’Je n’étais pas préparé pour la Chine, mais c’est l’évangélisation qui me l’a fait connaître et aimer. L’annonce de est bien ainsi devenue . D’autant plus qu’à cause des obstacles de la langue on est obligé d’aller à l’essentiel : . L’internet devient un support prodigieux pour la Parole de Dieu, et rend cette annonce accessible à tous ; Comme dans l’Evangile, , André dit à Pierre nous avons trouvé le Messie. Très concrètement, c’est par ce contact personnel que tout a commencé pour l’aumônerie des Chinois il y a maintenant quelques années, en étant Dans la pauvreté, les évènements se sont chargés de conduire le reste. Il faut citer le rôle du groupe « alpha» qui a servi de révélateur au tout début. La possibilité d’aménager mon temps en gardant toujours cette priorité pour les « non-chrétiens ». Sans cette priorité d’agenda la situation pastorale actuellement ne permet pas concrètement d’y être disponible. Mais surtout, si , ce n’est pas parce qu’elle est nécessaire pour assurer la survie de l’Eglise. C’est dans ce sens que l’Eglise n’est pas une fin en soi ; mais qu’elle est du salut pour toute l’humanité. L’évangélisation est prioritaire, pour l’Eglise, parce qu’elle Il y a sans doute beaucoup de moyens, tout simple, pour rendre accessible cette réalité de la proposition de la foi. Pourvu que . Si nous ne le faisons pas d’autres s’en chargeront. Il est significatif qu’absolument tous les étudiants chinois continuent d’être contactés avec insistance par les témoins de Jéhovah ou les Mormons dans la rue ou les résidences ! Ils ont compris avant nous leur attente, et ils profitent de ce que les Chinois ne savent pas faire la différence. Mais le préjudice le plus grave ne serait il pas de se servir de leurs abus pour justifier notre paralysie missionnaire ? En effet c’est cette capacité à communiquer, « aller » au devant du prochain, le reconnaître dans ce qu’il vit, qui protège l’Eglise du repli sur elle-même, et justement la différencie des sectes. (Moi-même je ne connaissais absolument pas le Chinois au départ, et faute de possibilités pour m’y investirje ne sais encore pratiquement rien !)Dans nos églises mettre des passages de la Parole de Dieu en évidence sur une affiche et y mettre les adresses internet essentielles ; ainsi que sur les tracts de présentations.Prévoir, au moins pour les grandes fêtes, des feuilles spéciales pour suivre la messe, avec quelqu’un qui se charge de les distribuer. L’internet donne des possibilités nouvelles pour réaliser ces feuilles. De voir qu’on pense à eux, même si cela ne se traduit pas par un effet visible immédiat, est déjà très important et peut déterminer un contact avec les chrétiens quand ils vont rentrer au pays. Quand on voit la profondeur de leur foi, on voit bien à quel point ils sont mûrs pour recevoir l’Evangile. Déjà, je constate, à longueur d’année, dans la Basilique la réceptivité des Chinois non chrétiens à l’annonce de la Parole de Dieu ; ici je découvre des communautés qui en vivent déjà profondément. Cette réceptivité est l’expression d’une maturité de la culture dans son ensemble, elle n’est pas superficielle ou passagère.Nous étions dans une réelle pauvreté à cause de la langue, même si j’ai pu prêcher et participer aux baptêmes. Nous venions bien visiter avec émerveillement des frères dans la foi. En retour, les chrétiens du lieu nous disaient leur reconnaissance de découvrir grâce à nous la communion fraternelle avec des chrétiens d’un autre continent.Le souci actuel des prêtres, parce qu’ils sont peu nombreux, est de préparer les chrétiens à l’évangélisation. Les communautés chrétiennes locales ont besoin d’apprendre à évangéliser.Jusqu’à aujourd’hui la mission s’est faite avec des missionnaires qui se préparaient de longues années et se destinaient à rester sur place. Ces dernières années, des prêtres et des religieuses de Chine ont passé beaucoup de temps à se former en Europe. Cela s’est fait avec beaucoup de difficultés, principalement à cause de la langue. Cela permettrait de faire venir plus rapidement, en plus des missionnaires traditionnels, des personnes qui viennent apprendre aux chrétiens par des missions ponctuelles, à savoir témoigner de leur foi. . Les communautés locales existantes pourraient assurer le suivi.La mondialisation permet par les techniques et la rapidité des transports, des possibilités nouvelles. Si l’évangélisation repose sur des personnes, actuellement, faut-il qu’elles soient toujours engagées à long terme comme autrefois ?Les prêtresMalgré le manque de moyens et le peu de prêtres de ces diocèses, leurs préoccupations principales restent celles de l’Eglise universelle et de l’évangélisation, sans se limiter aux difficultés ou aux habitudes locales.Par exemple, nous espérons mettre en place un mode de collaboration entre nos sites internet. Cette initiative dépasse largement les préoccupations du diocèse. Le clergé est lucide sur la précarité de sa situation, mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Avec les Chinois, quand il s’agit d’évangélisation, nous sommes tout de suite en communion.Accueil providentiel d’une famille française que nous ne connaissions pas. C’était déjà une joie de célébrer la messe chez eux en privé, quand on pense à ces missionnaires qui ont attendu toute leur vie pour pouvoir entrer en Chine.Dans l’après-midi en revenant à la cathédrale, j’ai vu qu’à l’entrée on propose à tous les visiteurs, un petit livret (50 pages) qui explique qui est Jésus. Un autre dépliant est également mis à la disposition des visiteurs ; ses deux tiers sont consacrés à l’explication de la messe.Je pensais prendre un moment de prière dans la nef de la Cathédrale, mais tout de suite j’ai été abordé par une étudiante chinoise très en recherche. Nous avons passé une heure à discuter ; je crois que c’était la première fois qu’elle rentrait dans une église, alors quelle avait déjà lu deux fois un très gros livre racontant une histoire erronée de Jésus.Rencontre avec Mgr Jin l’évêque de ShanghaiJoie de rencontrer ce pasteur chinois avec lequel le diocèse de Lyon a le plus de liens. C’est lui qui, lors de sa visite chez le Cardinal Barbarin à Lyon en octobre 2003, avait proposé, gratuitement, par centaine les nouveaux testaments en chinois dont je pourrais avoir besoin. Ces nouveaux testaments sont imprimés par le diocèse de Shanghai à partir de papier donné par les protestants.Cette initiative de Mgr Jin a contribué fortement à confirmer l’aumônerie de Lyon dans son orientation, dés le départ, vers . Il est frappant de voir que ce pasteur chinois qui s’est battu toute sa vie (dont 17 ans de prison) pour son église garde toujours la priorité à l’évangélisation. Ce désir d’évangéliser dépasse nos frontières. Il crée entre nous une profonde communion.Rencontres diversesOn peut citer, parmi les repas, celui pris avec une famille ayant des responsabilités très importantes dans la société. Depuis 8 ans, l’un après l’autre découvre la foi catholique. Cette famille nous a montré à quel point ce sont qui sont touchés par la foi ! Nous avons passé un moment à la librairie de la paroisse Saint-Pierre pour l’approvisionnement en livres. Puis nous avons rencontré un prêtre de 90 ans (dont 20 ans de prison). Il parlait encore le français, appris par des missionnaires, il y a plus de 60 ans. Sa joie fut grande de voir ce qui se faisait à Lyon ; elle répondait à l’espérance de toute une vie.Nous avons aussi rencontré un autre missionnaire travaillant humblement pour la Chine, très heureux de pouvoir partager cette même communion autour de l’évangélisation.Il y faut citer aussi ces merveilleuses œuvres de l’Eglise au service des plus pauvres, qui sans moyens financiers, s’occupent d’enfants handicapés, d’écoles, de personnes âgées etc.SheshanCe sanctuaire marial, sur une montagne à 40 km de Shanghai, comme Fourvière se voit de loin. Il attire beaucoup de visiteurs. L’église a été construite à la fin des années 30. A l’intérieur, on trouve un très bref historique, mais surtout 5 grands panneaux de 2 mètres de haut, sur Jésus, la Bible, la vie chrétienne, la prière et les sacrements.Shanghai, c’est aussi la croissance sauvage. Si l’homme est livré à lui-même avec ses seules forces, il peut se laisser prendre par les idoles ; l’argent restant le moteur principal de cette société, et tendant à réduire la valeur de chaque individu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que des pans entiers de la société peuvent être laissés pour compte. On côtoie les deux dans un tourbillon d’effervescence et de gigantisme.En ChineSi l’Eglise grandit, c’est le signe d’une maturation de la société, à cause de son de ses… d’existence. Cela ne devrait pas être passager.La diversité des rencontres, que ce soit dans les petits villages ou avec de hauts responsables dans les villes, est venue confirmer ce qu’il y a de spécifique dans l’évangélisation de la Chine :Que l’Evangile se diffuse aussi rapidement, et dans tous les milieux, comme on a pu le voir au cours de ce voyage, me fait penser aux actes des Apôtres, quand au Concile de Jérusalem, l’Eglise a franchi une étape déterminante, en voyant la conversion des païens. D’une autre manière, plus tardivement, l’influence de la vie de l’Empire romain a bousculé le déroulement de l’histoire de l’Eglise. Avec la mondialisation, nous ne parlons pas d’une région géographique, mais bien de On parle bientôt de 10 millions de visiteurs par an en France. On vient d’annoncer officiellement qu’en France les étudiants chinois vont passer l’année prochaine de 25000 à 40000 ! A Fourvière, en ce moment, chaque dimanche, il doit y avoir en moyenne une dizaine d’étudiants qui viennent à la messe pour la première fois !L’évangélisation des Chinois, aujourd’hui, est comme le point de . Je vois avec les Chinois comment se réalise cette formidable synthèse entre les aspirations de la nature humaine et le don de la grâce qui nous est fait en Jésus. .En OccidentPar certains aspects, si nous sommes en panne d’évangélisation, c’est sans doute parce que nous nous sommes enfermés dans un rationalisme où la liberté est perçue surtout comme une revendication d’autonomie. Il est alors difficile de recevoir un amour qui se donne. Souvent, il ne reste comme lien avec le judéo-christianisme que le sentiment d’un carcan moraliste dont il faudrait se libérer. Je l’expérimente tous les jours dans la Basilique où Il y a parfois un contraste saisissant.Des générations de missionnaires ont donné leur vie pour l’évangélisation dans des pays lointains. Maintenant que les habitants de ces pays sont chez nous, nous ne pouvons pas rester silencieux !Les prêtres chinois nous rappellent souvent, que de grands responsables politiques de la Chine, étaient venus faire leurs études en France dans les années 30… Ce n’est sans doute pas par hasard, si l’expérience auprès des Chinois est venue épanouir cette dimension fondamentale du sacerdoce que je portais déjà bien avant l’ordination; à savoir cette annonce de la Parole. Les difficultés rencontrées, là où j’attendais un soutien, ne sont-elles pas liées à cette panne dans la proposition de Foi. Car, après tout, La question est certainement liée à cette de l’Eglise à l’Je n’étais pas préparé pour la Chine, mais c’est l’évangélisation qui me l’a fait connaître et aimer. L’annonce de est bien ainsi devenue . D’autant plus qu’à cause des obstacles de la langue on est obligé d’aller à l’essentiel : . L’internet devient un support prodigieux pour la Parole de Dieu, et rend cette annonce accessible à tous ; Comme dans l’Evangile, , André dit à Pierre nous avons trouvé le Messie. Très concrètement, c’est par ce contact personnel que tout a commencé pour l’aumônerie des Chinois il y a maintenant quelques années, en étant Dans la pauvreté, les évènements se sont chargés de conduire le reste. Il faut citer le rôle du groupe « alpha» qui a servi de révélateur au tout début. La possibilité d’aménager mon temps en gardant toujours cette priorité pour les « non-chrétiens ». Sans cette priorité d’agenda la situation pastorale actuellement ne permet pas concrètement d’y être disponible. Mais surtout, si , ce n’est pas parce qu’elle est nécessaire pour assurer la survie de l’Eglise. C’est dans ce sens que l’Eglise n’est pas une fin en soi ; mais qu’elle est du salut pour toute l’humanité. L’évangélisation est prioritaire, pour l’Eglise, parce qu’elle Il y a sans doute beaucoup de moyens, tout simple, pour rendre accessible cette réalité de la proposition de la foi. Pourvu que . Si nous ne le faisons pas d’autres s’en chargeront. Il est significatif qu’absolument tous les étudiants chinois continuent d’être contactés avec insistance par les témoins de Jéhovah ou les Mormons dans la rue ou les résidences ! Ils ont compris avant nous leur attente, et ils profitent de ce que les Chinois ne savent pas faire la différence. Mais le préjudice le plus grave ne serait il pas de se servir de leurs abus pour justifier notre paralysie missionnaire ? En effet c’est cette capacité à communiquer, « aller » au devant du prochain, le reconnaître dans ce qu’il vit, qui protège l’Eglise du repli sur elle-même, et justement la différencie des sectes. (Moi-même je ne connaissais absolument pas le Chinois au départ, et faute de possibilités pour m’y investirje ne sais encore pratiquement rien !)Dans nos églises mettre des passages de la Parole de Dieu en évidence sur une affiche et y mettre les adresses internet essentielles ; ainsi que sur les tracts de présentations.Prévoir, au moins pour les grandes fêtes, des feuilles spéciales pour suivre la messe, avec quelqu’un qui se charge de les distribuer. L’internet donne des possibilités nouvelles pour réaliser ces feuilles. De voir qu’on pense à eux, même si cela ne se traduit pas par un effet visible immédiat, est déjà très important et peut déterminer un contact avec les chrétiens quand ils vont rentrer au pays. Quand on voit la profondeur de leur foi, on voit bien à quel point ils sont mûrs pour recevoir l’Evangile. Déjà, je constate, à longueur d’année, dans la Basilique la réceptivité des Chinois non chrétiens à l’annonce de la Parole de Dieu ; ici je découvre des communautés qui en vivent déjà profondément. Cette réceptivité est l’expression d’une maturité de la culture dans son ensemble, elle n’est pas superficielle ou passagère.Nous étions dans une réelle pauvreté à cause de la langue, même si j’ai pu prêcher et participer aux baptêmes. Nous venions bien visiter avec émerveillement des frères dans la foi. En retour, les chrétiens du lieu nous disaient leur reconnaissance de découvrir grâce à nous la communion fraternelle avec des chrétiens d’un autre continent.Le souci actuel des prêtres, parce qu’ils sont peu nombreux, est de préparer les chrétiens à l’évangélisation. Les communautés chrétiennes locales ont besoin d’apprendre à évangéliser.Jusqu’à aujourd’hui la mission s’est faite avec des missionnaires qui se préparaient de longues années et se destinaient à rester sur place. Ces dernières années, des prêtres et des religieuses de Chine ont passé beaucoup de temps à se former en Europe. Cela s’est fait avec beaucoup de difficultés, principalement à cause de la langue. Cela permettrait de faire venir plus rapidement, en plus des missionnaires traditionnels, des personnes qui viennent apprendre aux chrétiens par des missions ponctuelles, à savoir témoigner de leur foi. . Les communautés locales existantes pourraient assurer le suivi.La mondialisation permet par les techniques et la rapidité des transports, des possibilités nouvelles. Si l’évangélisation repose sur des personnes, actuellement, faut-il qu’elles soient toujours engagées à long terme comme autrefois ?Les prêtresMalgré le manque de moyens et le peu de prêtres de ces diocèses, leurs préoccupations principales restent celles de l’Eglise universelle et de l’évangélisation, sans se limiter aux difficultés ou aux habitudes locales.Par exemple, nous espérons mettre en place un mode de collaboration entre nos sites internet. Cette initiative dépasse largement les préoccupations du diocèse. Le clergé est lucide sur la précarité de sa situation, mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Avec les Chinois, quand il s’agit d’évangélisation, nous sommes tout de suite en communion.Accueil providentiel d’une famille française que nous ne connaissions pas. C’était déjà une joie de célébrer la messe chez eux en privé, quand on pense à ces missionnaires qui ont attendu toute leur vie pour pouvoir entrer en Chine.Dans l’après-midi en revenant à la cathédrale, j’ai vu qu’à l’entrée on propose à tous les visiteurs, un petit livret (50 pages) qui explique qui est Jésus. Un autre dépliant est également mis à la disposition des visiteurs ; ses deux tiers sont consacrés à l’explication de la messe.Je pensais prendre un moment de prière dans la nef de la Cathédrale, mais tout de suite j’ai été abordé par une étudiante chinoise très en recherche. Nous avons passé une heure à discuter ; je crois que c’était la première fois qu’elle rentrait dans une église, alors quelle avait déjà lu deux fois un très gros livre racontant une histoire erronée de Jésus.Rencontre avec Mgr Jin l’évêque de ShanghaiJoie de rencontrer ce pasteur chinois avec lequel le diocèse de Lyon a le plus de liens. C’est lui qui, lors de sa visite chez le Cardinal Barbarin à Lyon en octobre 2003, avait proposé, gratuitement, par centaine les nouveaux testaments en chinois dont je pourrais avoir besoin. Ces nouveaux testaments sont imprimés par le diocèse de Shanghai à partir de papier donné par les protestants.Cette initiative de Mgr Jin a contribué fortement à confirmer l’aumônerie de Lyon dans son orientation, dés le départ, vers . Il est frappant de voir que ce pasteur chinois qui s’est battu toute sa vie (dont 17 ans de prison) pour son église garde toujours la priorité à l’évangélisation. Ce désir d’évangéliser dépasse nos frontières. Il crée entre nous une profonde communion.Rencontres diversesOn peut citer, parmi les repas, celui pris avec une famille ayant des responsabilités très importantes dans la société. Depuis 8 ans, l’un après l’autre découvre la foi catholique. Cette famille nous a montré à quel point ce sont qui sont touchés par la foi ! Nous avons passé un moment à la librairie de la paroisse Saint-Pierre pour l’approvisionnement en livres. Puis nous avons rencontré un prêtre de 90 ans (dont 20 ans de prison). Il parlait encore le français, appris par des missionnaires, il y a plus de 60 ans. Sa joie fut grande de voir ce qui se faisait à Lyon ; elle répondait à l’espérance de toute une vie.Nous avons aussi rencontré un autre missionnaire travaillant humblement pour la Chine, très heureux de pouvoir partager cette même communion autour de l’évangélisation.Il y faut citer aussi ces merveilleuses œuvres de l’Eglise au service des plus pauvres, qui sans moyens financiers, s’occupent d’enfants handicapés, d’écoles, de personnes âgées etc.SheshanCe sanctuaire marial, sur une montagne à 40 km de Shanghai, comme Fourvière se voit de loin. Il attire beaucoup de visiteurs. L’église a été construite à la fin des années 30. A l’intérieur, on trouve un très bref historique, mais surtout 5 grands panneaux de 2 mètres de haut, sur Jésus, la Bible, la vie chrétienne, la prière et les sacrements.Shanghai, c’est aussi la croissance sauvage. Si l’homme est livré à lui-même avec ses seules forces, il peut se laisser prendre par les idoles ; l’argent restant le moteur principal de cette société, et tendant à réduire la valeur de chaque individu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que des pans entiers de la société peuvent être laissés pour compte. On côtoie les deux dans un tourbillon d’effervescence et de gigantisme.En ChineSi l’Eglise grandit, c’est le signe d’une maturation de la société, à cause de son de ses… d’existence. Cela ne devrait pas être passager.La diversité des rencontres, que ce soit dans les petits villages ou avec de hauts responsables dans les villes, est venue confirmer ce qu’il y a de spécifique dans l’évangélisation de la Chine :Que l’Evangile se diffuse aussi rapidement, et dans tous les milieux, comme on a pu le voir au cours de ce voyage, me fait penser aux actes des Apôtres, quand au Concile de Jérusalem, l’Eglise a franchi une étape déterminante, en voyant la conversion des païens. D’une autre manière, plus tardivement, l’influence de la vie de l’Empire romain a bousculé le déroulement de l’histoire de l’Eglise. Avec la mondialisation, nous ne parlons pas d’une région géographique, mais bien de On parle bientôt de 10 millions de visiteurs par an en France. On vient d’annoncer officiellement qu’en France les étudiants chinois vont passer l’année prochaine de 25000 à 40000 ! A Fourvière, en ce moment, chaque dimanche, il doit y avoir en moyenne une dizaine d’étudiants qui viennent à la messe pour la première fois !L’évangélisation des Chinois, aujourd’hui, est comme le point de . Je vois avec les Chinois comment se réalise cette formidable synthèse entre les aspirations de la nature humaine et le don de la grâce qui nous est fait en Jésus. .En OccidentPar certains aspects, si nous sommes en panne d’évangélisation, c’est sans doute parce que nous nous sommes enfermés dans un rationalisme où la liberté est perçue surtout comme une revendication d’autonomie. Il est alors difficile de recevoir un amour qui se donne. Souvent, il ne reste comme lien avec le judéo-christianisme que le sentiment d’un carcan moraliste dont il faudrait se libérer. Je l’expérimente tous les jours dans la Basilique où Il y a parfois un contraste saisissant.Des générations de missionnaires ont donné leur vie pour l’évangélisation dans des pays lointains. Maintenant que les habitants de ces pays sont chez nous, nous ne pouvons pas rester silencieux !Les prêtres chinois nous rappellent souvent, que de grands responsables politiques de la Chine, étaient venus faire leurs études en France dans les années 30… Ce n’est sans doute pas par hasard, si l’expérience auprès des Chinois est venue épanouir cette dimension fondamentale du sacerdoce que je portais déjà bien avant l’ordination; à savoir cette annonce de la Parole. Les difficultés rencontrées, là où j’attendais un soutien, ne sont-elles pas liées à cette panne dans la proposition de Foi. Car, après tout, La question est certainement liée à cette de l’Eglise à l’Je n’étais pas préparé pour la Chine, mais c’est l’évangélisation qui me l’a fait connaître et aimer. L’annonce de est bien ainsi devenue . D’autant plus qu’à cause des obstacles de la langue on est obligé d’aller à l’essentiel : . L’internet devient un support prodigieux pour la Parole de Dieu, et rend cette annonce accessible à tous ; Comme dans l’Evangile, , André dit à Pierre nous avons trouvé le Messie. Très concrètement, c’est par ce contact personnel que tout a commencé pour l’aumônerie des Chinois il y a maintenant quelques années, en étant Dans la pauvreté, les évènements se sont chargés de conduire le reste. Il faut citer le rôle du groupe « alpha» qui a servi de révélateur au tout début. La possibilité d’aménager mon temps en gardant toujours cette priorité pour les « non-chrétiens ». Sans cette priorité d’agenda la situation pastorale actuellement ne permet pas concrètement d’y être disponible. Mais surtout, si , ce n’est pas parce qu’elle est nécessaire pour assurer la survie de l’Eglise. C’est dans ce sens que l’Eglise n’est pas une fin en soi ; mais qu’elle est du salut pour toute l’humanité. L’évangélisation est prioritaire, pour l’Eglise, parce qu’elle Il y a sans doute beaucoup de moyens, tout simple, pour rendre accessible cette réalité de la proposition de la foi. Pourvu que . Si nous ne le faisons pas d’autres s’en chargeront. Il est significatif qu’absolument tous les étudiants chinois continuent d’être contactés avec insistance par les témoins de Jéhovah ou les Mormons dans la rue ou les résidences ! Ils ont compris avant nous leur attente, et ils profitent de ce que les Chinois ne savent pas faire la différence. Mais le préjudice le plus grave ne serait il pas de se servir de leurs abus pour justifier notre paralysie missionnaire ? En effet c’est cette capacité à communiquer, « aller » au devant du prochain, le reconnaître dans ce qu’il vit, qui protège l’Eglise du repli sur elle-même, et justement la différencie des sectes. (Moi-même je ne connaissais absolument pas le Chinois au départ, et faute de possibilités pour m’y investirje ne sais encore pratiquement rien !)Dans nos églises mettre des passages de la Parole de Dieu en évidence sur une affiche et y mettre les adresses internet essentielles ; ainsi que sur les tracts de présentations.Prévoir, au moins pour les grandes fêtes, des feuilles spéciales pour suivre la messe, avec quelqu’un qui se charge de les distribuer. L’internet donne des possibilités nouvelles pour réaliser ces feuilles. De voir qu’on pense à eux, même si cela ne se traduit pas par un effet visible immédiat, est déjà très important et peut déterminer un contact avec les chrétiens quand ils vont rentrer au pays.
Quand on voit la profondeur de leur foi, on voit bien à quel point ils sont mûrs pour recevoir l’Evangile. Déjà, je constate, à longueur d’année, dans la Basilique la réceptivité des Chinois non chrétiens à l’annonce de la Parole de Dieu ; ici je découvre des communautés qui en vivent déjà profondément. Cette réceptivité est l’expression d’une maturité de la culture dans son ensemble, elle n’est pas superficielle ou passagère.Nous étions dans une réelle pauvreté à cause de la langue, même si j’ai pu prêcher et participer aux baptêmes. Nous venions bien visiter avec émerveillement des frères dans la foi. En retour, les chrétiens du lieu nous disaient leur reconnaissance de découvrir grâce à nous la communion fraternelle avec des chrétiens d’un autre continent.Le souci actuel des prêtres, parce qu’ils sont peu nombreux, est de préparer les chrétiens à l’évangélisation. Les communautés chrétiennes locales ont besoin d’apprendre à évangéliser.Jusqu’à aujourd’hui la mission s’est faite avec des missionnaires qui se préparaient de longues années et se destinaient à rester sur place. Ces dernières années, des prêtres et des religieuses de Chine ont passé beaucoup de temps à se former en Europe. Cela s’est fait avec beaucoup de difficultés, principalement à cause de la langue. Cela permettrait de faire venir plus rapidement, en plus des missionnaires traditionnels, des personnes qui viennent apprendre aux chrétiens par des missions ponctuelles, à savoir témoigner de leur foi. . Les communautés locales existantes pourraient assurer le suivi.La mondialisation permet par les techniques et la rapidité des transports, des possibilités nouvelles. Si l’évangélisation repose sur des personnes, actuellement, faut-il qu’elles soient toujours engagées à long terme comme autrefois ?Les prêtresMalgré le manque de moyens et le peu de prêtres de ces diocèses, leurs préoccupations principales restent celles de l’Eglise universelle et de l’évangélisation, sans se limiter aux difficultés ou aux habitudes locales.Par exemple, nous espérons mettre en place un mode de collaboration entre nos sites internet. Cette initiative dépasse largement les préoccupations du diocèse. Le clergé est lucide sur la précarité de sa situation, mais cela ne l’empêche pas d’aller de l’avant. Avec les Chinois, quand il s’agit d’évangélisation, nous sommes tout de suite en communion.Accueil providentiel d’une famille française que nous ne connaissions pas. C’était déjà une joie de célébrer la messe chez eux en privé, quand on pense à ces missionnaires qui ont attendu toute leur vie pour pouvoir entrer en Chine.Dans l’après-midi en revenant à la cathédrale, j’ai vu qu’à l’entrée on propose à tous les visiteurs, un petit livret (50 pages) qui explique qui est Jésus. Un autre dépliant est également mis à la disposition des visiteurs ; ses deux tiers sont consacrés à l’explication de la messe.Je pensais prendre un moment de prière dans la nef de la Cathédrale, mais tout de suite j’ai été abordé par une étudiante chinoise très en recherche. Nous avons passé une heure à discuter ; je crois que c’était la première fois qu’elle rentrait dans une église, alors quelle avait déjà lu deux fois un très gros livre racontant une histoire erronée de Jésus.Rencontre avec Mgr Jin l’évêque de ShanghaiJoie de rencontrer ce pasteur chinois avec lequel le diocèse de Lyon a le plus de liens. C’est lui qui, lors de sa visite chez le Cardinal Barbarin à Lyon en octobre 2003, avait proposé, gratuitement, par centaine les nouveaux testaments en chinois dont je pourrais avoir besoin. Ces nouveaux testaments sont imprimés par le diocèse de Shanghai à partir de papier donné par les protestants.Cette initiative de Mgr Jin a contribué fortement à confirmer l’aumônerie de Lyon dans son orientation, dés le départ, vers . Il est frappant de voir que ce pasteur chinois qui s’est battu toute sa vie (dont 17 ans de prison) pour son église garde toujours la priorité à l’évangélisation. Ce désir d’évangéliser dépasse nos frontières. Il crée entre nous une profonde communion.Rencontres diversesOn peut citer, parmi les repas, celui pris avec une famille ayant des responsabilités très importantes dans la société. Depuis 8 ans, l’un après l’autre découvre la foi catholique. Cette famille nous a montré à quel point ce sont qui sont touchés par la foi ! Nous avons passé un moment à la librairie de la paroisse Saint-Pierre pour l’approvisionnement en livres. Puis nous avons rencontré un prêtre de 90 ans (dont 20 ans de prison). Il parlait encore le français, appris par des missionnaires, il y a plus de 60 ans. Sa joie fut grande de voir ce qui se faisait à Lyon ; elle répondait à l’espérance de toute une vie.Nous avons aussi rencontré un autre missionnaire travaillant humblement pour la Chine, très heureux de pouvoir partager cette même communion autour de l’évangélisation.Il y faut citer aussi ces merveilleuses œuvres de l’Eglise au service des plus pauvres, qui sans moyens financiers, s’occupent d’enfants handicapés, d’écoles, de personnes âgées etc.SheshanCe sanctuaire marial, sur une montagne à 40 km de Shanghai, comme Fourvière se voit de loin. Il attire beaucoup de visiteurs. L’église a été construite à la fin des années 30. A l’intérieur, on trouve un très bref historique, mais surtout 5 grands panneaux de 2 mètres de haut, sur Jésus, la Bible, la vie chrétienne, la prière et les sacrements.Shanghai, c’est aussi la croissance sauvage. Si l’homme est livré à lui-même avec ses seules forces, il peut se laisser prendre par les idoles ; l’argent restant le moteur principal de cette société, et tendant à réduire la valeur de chaque individu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que des pans entiers de la société peuvent être laissés pour compte. On côtoie les deux dans un tourbillon d’effervescence et de gigantisme.En ChineSi l’Eglise grandit, c’est le signe d’une maturation de la société, à cause de son de ses… d’existence. Cela ne devrait pas être passager.La diversité des rencontres, que ce soit dans les petits villages ou avec de hauts responsables dans les villes, est venue confirmer ce qu’il y a de spécifique dans l’évangélisation de la Chine :Que l’Evangile se diffuse aussi rapidement, et dans tous les milieux, comme on a pu le voir au cours de ce voyage, me fait penser aux actes des Apôtres, quand au Concile de Jérusalem, l’Eglise a franchi une étape déterminante, en voyant la conversion des païens. D’une autre manière, plus tardivement, l’influence de la vie de l’Empire romain a bousculé le déroulement de l’histoire de l’Eglise. Avec la mondialisation, nous ne parlons pas d’une région géographique, mais bien de On parle bientôt de 10 millions de visiteurs par an en France. On vient d’annoncer officiellement qu’en France les étudiants chinois vont passer l’année prochaine de 25000 à 40000 ! A Fourvière, en ce moment, chaque dimanche, il doit y avoir en moyenne une dizaine d’étudiants qui viennent à la messe pour la première fois !L’évangélisation des Chinois, aujourd’hui, est comme le point de . Je vois avec les Chinois comment se réalise cette formidable synthèse entre les aspirations de la nature humaine et le don de la grâce qui nous est fait en Jésus. .En OccidentPar certains aspects, si nous sommes en panne d’évangélisation, c’est sans doute parce que nous nous sommes enfermés dans un rationalisme où la liberté est perçue surtout comme une revendication d’autonomie. Il est alors difficile de recevoir un amour qui se donne. Souvent, il ne reste comme lien avec le judéo-christianisme que le sentiment d’un carcan moraliste dont il faudrait se libérer. Je l’expérimente tous les jours dans la Basilique où Il y a parfois un contraste saisissant.Des générations de missionnaires ont donné leur vie pour l’évangélisation dans des pays lointains. Maintenant que les habitants de ces pays sont chez nous, nous ne pouvons pas rester silencieux !Les prêtres chinois nous rappellent souvent, que de grands responsables politiques de la Chine, étaient venus faire leurs études en France dans les années 30… Ce n’est sans doute pas par hasard, si l’expérience auprès des Chinois est venue épanouir cette dimension fondamentale du sacerdoce que je portais déjà bien avant l’ordination; à savoir cette annonce de la Parole. Les difficultés rencontrées, là où j’attendais un soutien, ne sont-elles pas liées à cette panne dans la proposition de Foi. Car, après tout, La question est certainement liée à cette de l’Eglise à l’Je n’étais pas préparé pour la Chine, mais c’est l’évangélisation qui me l’a fait connaître et aimer. L’annonce de est bien ainsi devenue . D’autant plus qu’à cause des obstacles de la langue on est obligé d’aller à l’essentiel : . L’internet devient un support prodigieux pour la Parole de Dieu, et rend cette annonce accessible à tous ; Comme dans l’Evangile, , André dit à Pierre nous avons trouvé le Messie. Très concrètement, c’est par ce contact personnel que tout a commencé pour l’aumônerie des Chinois il y a maintenant quelques années, en étant Dans la pauvreté, les évènements se sont chargés de conduire le reste. Il faut citer le rôle du groupe « alpha» qui a servi de révélateur au tout début. La possibilité d’aménager mon temps en gardant toujours cette priorité pour les « non-chrétiens ». Sans cette priorité d’agenda la situation pastorale actuellement ne permet pas concrètement d’y être disponible. Mais surtout, si , ce n’est pas parce qu’elle est nécessaire pour assurer la survie de l’Eglise. C’est dans ce sens que l’Eglise n’est pas une fin en soi ; mais qu’elle est du salut pour toute l’humanité. L’évangélisation est prioritaire, pour l’Eglise, parce qu’elle Il y a sans doute beaucoup de moyens, tout simple, pour rendre accessible cette réalité de la proposition de la foi. Pourvu que . Si nous ne le faisons pas d’autres s’en chargeront. Il est significatif qu’absolument tous les étudiants chinois continuent d’être contactés avec insistance par les témoins de Jéhovah ou les Mormons dans la rue ou les résidences ! Ils ont compris avant nous leur attente, et ils profitent de ce que les Chinois ne savent pas faire la différence. Mais le préjudice le plus grave ne serait il pas de se servir de leurs abus pour justifier notre paralysie missionnaire ? En effet c’est cette capacité à communiquer, « aller » au devant du prochain, le reconnaître dans ce qu’il vit, qui protège l’Eglise du repli sur elle-même, et justement la différencie des sectes. (Moi-même je ne connaissais absolument pas le Chinois au départ, et faute de possibilités pour m’y investirje ne sais encore pratiquement rien !)Dans nos églises mettre des passages de la Parole de Dieu en évidence sur une affiche et y mettre les adresses internet essentielles ; ainsi que sur les tracts de présentations.Prévoir, au moins pour les grandes fêtes, des feuilles spéciales pour suivre la messe, avec quelqu’un qui se charge de les distribuer. L’internet donne des possibilités nouvelles pour réaliser ces feuilles. De voir qu’on pense à eux, même si cela ne se traduit pas par un effet visible immédiat, est déjà très important et peut déterminer un contact avec les chrétiens quand ils vont rentrer au pays. Les premiers contacts ont immédiatement confirmé l’importance de ce qui s’était vécu à Lyon. Ils ont permis aussi de créer des liens entre les Chinois de Pékin qui ne se connaissaient pas ou qui n’étaient pas liés à un groupe.Les premiers contacts ont immédiatement confirmé l’importance de ce qui s’était vécu à Lyon. Ils ont permis aussi de créer des liens entre les Chinois de Pékin qui ne se connaissaient pas ou qui n’étaient pas liés à un groupe.Les premiers contacts ont immédiatement confirmé l’importance de ce qui s’était vécu à Lyon. Ils ont permis aussi de créer des liens entre les Chinois de Pékin qui ne se connaissaient pas ou qui n’étaient pas liés à un groupe.