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Prudence et patience de Rome

A Rome, le Saint Père a exprimé à maintes reprises son amour pour le peuple chinois et son admiration pour leur grande civilisation. Le pape ne peut pourtant pas renoncer au rôle que Jésus lui-même a confié à l’apôtre Pierre: conforter ses frères dans la foi et veiller à l’unité de l’Église.

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A Rome, le Saint Père a exprimé à maintes reprises son amour pour le peuple chinois et son admiration pour leur grande civilisation. Le pape ne peut pourtant pas renoncer au rôle que Jésus lui-même a confié à l’apôtre Pierre: conforter ses frères dans la foi et veiller à l’unité de l’Église.

C’est en union avec tous les évêques qu’il dirige l’Église. La primauté de l’évêque de Rome lui confère le devoir d’assurer que l’Évangile soit proclamé en toute vérité et que l’Église soit bien gouvernée dans tous les pays. Le Secrétariat d’État et la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples qui l’assistent dans cette tâche ne cessent de rechercher un dialogue avec les autorités chinoises. En 1950, le prononce apostolique, Mgr Riberi, est resté en Chine et n’a pas suivi le gouvernement de Nankin dans son exil à Taiwan. Il a été chassé de Chine en 1951. Plus tard, des relations diplomatiques ont été établies entre le Vatican et le gouvernement de la République de Chine à Taipei, ce qui confirmait malheureusement la rupture entre Rome et Pékin. Depuis, le statut de ce représentant du Saint-Siège à Taiwan a été réduit au plus bas niveau, mais il existe encore une ambassade de Taiwan au Vatican. Les rapprochements entre Taiwan et le Continent qui n’ont cessé de progresser depuis 1987 devraient aider à résoudre ce problème. Si l’obstacle diplomatique des relations avec Taiwan peut être écarté, il reste une autre exigence du gouvernement de Pékin plus difficile à négocier: le pape ne devrait pas, déclare-t-on, se mêler des affaires intérieures de l’Église en Chine. Les évêques de Chine sont, bien sûr, les successeurs des apôtres et l’Église en Chine a le droit d’être autonome en prenant toutes ses responsabilités dans l’évangélisation du pays. Rome souhaite vivement que les évêques de Chine soient les vrais dirigeants de leur Église. Mais autonomie ne veut pas dire une indépendance qui serait en fait une séparation. L’Église entière est communion et le Saint Père est au service de cette communion. Son union avec les évêques de Chine doit être manifestée de manière concrète. Le pape doit pouvoir en particulier donner son accord aux nominations d’évêques et accueillir les évêques de Chine en visite à Rome. Aucun pourparler officiel n’a pris place jusqu’ici, Pékin exigeant la rupture avec Taiwan et l’indépendance totale de l’Église en Chine comme préalable à toute négociation. Les visites en Chine de cardinaux et la présence à Hongkong d’un représentant officieux du Vatican marquent le souci qu’a le Saint Siège de renouer avec les Catholiques du Continent. De nombreux échanges entre les chrétiens de tous pays et les catholiques de Chine sont acceptés et même encouragés par Rome. Pourtant le rapprochement ne se fait qu’à tout petits pas. Rome doit en effet tenir compte de la fermeté des catholiques clandestins dans leur opposition à tout dialogue avec les autorités communistes. L’unité des chrétiens en Chine même doit être peu à peu restaurée, pour que leur union à l’Église universelle puisse être pleinement manifestée.