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Points marquants de la lettre du pape aux catholiques de Chine

Les points marquants de la lettre du pape aux catholiques de Chine

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1. Situation de l’Eglise en chine

 

Heureuse des progrès actuels de la Chine, l’Eglise souhaite offrir son humble service

 

« 3. Portant un regard attentif sur votre Peuple, qui s'est distingué parmi les autres peuples de l'Asie par la splendeur de sa civilisation millénaire, avec toute son expérience de sagesse, de philosophie, ainsi que dans les sciences et dans les arts, il me plaît de relever que, spécialement au cours des derniers temps, il s'est aussi mis en marche pour parvenir à des objectifs significatifs de progrès, dans les domaines économique et social, suscitant l'intérêt du monde entier.
« Comme le soulignait déjà mon vénéré Prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, « l'Église catholique, quant à elle, considère avec respect cet élan surprenant et ces projets clairvoyants d'initiatives, et elle offre avec discrétion sa propre contribution dans la promotion et dans la défense de la personne humaine, de ses valeurs, de sa spiritualité et de sa vocation transcendante. »

 

En réponse aux problèmes humains liés à la quête de modernité

 

« La tension vers le développement économique et social, désiré et nécessaire, ainsi que la recherche de modernité, s'accompagnent de deux phénomènes différents et opposés, mais qu'il convient d'évaluer également avec prudence et dans un esprit apostolique positif. D'une part, on note, spécialement parmi les jeunes, un intérêt croissant pour la dimension spirituelle et transcendante de la personne humaine, avec comme conséquence un intérêt pour la religion, particulièrement pour le christianisme. D'autre part, on remarque, en Chine aussi, la tendance au matérialisme et à l'hédonisme, qui, à partir des grandes villes, est en train de se répandre à l'intérieur du Pays.4»

 

Disponible pour un dialogue avec les autorités de la République populaire de Chine

 

« Je suis aussi avec un intérêt particulier la vie de tout le Peuple chinois, Peuple que j'apprécie profondément et pour lequel j'ai des sentiments d'amitié, au point de formuler le souhait « de voir rapidement instaurées des voies concrètes de communication et de collaboration entre le Saint-Siège et la République Populaire de Chine », car « l'amitié se nourrit de contacts, du partage des sentiments dans les situations heureuses et tristes, de solidarité, d'aide réciproque ».9 Et c'est dans cette perspective que mon vénéré Prédécesseur ajoutait: « Ce n'est un mystère pour personne que l'activité du Saint-Siège, au nom de toute l'Église catholique et — je crois — au nom de toute l'humanité, souhaite l'ouverture d'un espace de dialogue avec les Autorités de la République Populaire de Chine, dans lequel, les incompréhensions du passé ayant été surmontées, l'on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde ».10 »

 

Pour une coopération Eglise – Etat, chacun suivant sa compétence

 

« En ce qui concerne aussi les relations entre la communauté politique et l'Église en Chine, il convient de se rappeler l'enseignement éclairant du Concile Vatican II, qui déclare: « L'Église qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond aucunement avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique, est à la fois signe et sauvegarde de la transcendance de la personne humaine ». Et il continue ainsi: « La communauté politique et l'Église sont indépendantes l'une de l'autre, et autonomes dans le domaine qui est le leur. Mais toutes deux, bien qu'à des titres différents, sont au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Toutes deux exerceront ce service pour le bien de tous avec d'autant plus d'efficacité qu'elles pratiqueront davantage entre elles une saine collaboration, en tenant aussi compte des circonstances de temps et de lieu ».13 

 

L’apport de l’Eglise étant d’abord spirituel

 

« Par conséquent, également, l'Église catholique qui est en Chine a la mission non pas de changer la structure ou l'administration de l'État, mais d'annoncer aux hommes le Christ, Sauveur du monde, s'appuyant — dans l'accomplissement de son apostolat — sur la puissance de Dieu. Comme je le rappelais dans mon Encyclique Deus caritas est, « l'Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l'État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l'écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s'insérer en elle par la voie de l'argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s'affirmer ni se développer. La société juste ne peut être l'œuvre de l'Église, mais elle doit être réalisée par le politique. Toutefois, l'engagement pour la justice, travaillant à l'ouverture de l'intelligence et de la volonté aux exigences du bien, intéresse profondément l'Église ».14

 

Dans des domaines d’importance primordiale

 

« L'Église a particulièrement à cœur des valeurs et des objectifs qui sont également d'une importance primordiale pour la Chine moderne: la solidarité, la paix, la justice sociale, le développement intelligent du phénomène de la mondialisation ».3

 

NB. Pour atteindre ces objectifs, l’Eglise n’a pas seulement besoin de la liberté religieuse mais aussi de la liberté d’expression. Journalistes, juristes, syndicalistes, écrivains, informaticiens sont étroitement contrôlés en Chine. L’Etat souhaite généralement maîtriser la pensée et les consciences. La tradition confucéenne peut facilement être utilisée pour voiler les injustices au nom de l’harmonie. L’Eglise ne pourra remplir son rôle  prophétique que si la Chine évolue vers plus de démocratie.

 

L’Eglise ne peut atteindre ces objectifs qu’en disposant de la liberté religieuse

 

« À la lumière de ces principes auxquels on ne peut renoncer, la solution des problèmes existants ne peut être recherchée à travers un conflit permanent avec les Autorités civiles légitimes; dans le même temps, une complaisance envers ces mêmes Autorités n'est cependant pas acceptable quand ces dernières interfèrent de manière indue dans des matières qui concernent la foi et la discipline de l'Église. Les Autorités civiles sont bien conscientes que l'Église, dans son enseignement, invite les fidèles à être de bons citoyens, des collaborateurs respectueux et actifs en faveur du bien commun de leur Pays, mais il est également clair qu'elle demande à l'État de garantir à ces mêmes citoyens catholiques le plein exercice de leur foi, dans le respect d'une authentique liberté religieuse. »

 

En pleine communion avec l’Eglise universelle

 

« Comme vous le savez, l'unité profonde, qui lie entre elles les Églises particulières se trouvant en Chine et qui les met aussi en intime communion avec toutes les autres Églises particulières répandues à travers le monde, est enracinée dans la même foi et dans le Baptême commun, mais surtout dans l'Eucharistie et dans l'Épiscopat.15 Et l'unité de l'Épiscopat, dont « le Pontife romain, en qualité de Successeur de Pierre, est le principe et le fondement permanents et visibles »,16 se poursuit au long des siècles grâce à la succession apostolique et elle est aussi le fondement de l'identité de l'Église de chaque époque avec l'Église édifiée par le Christ sur Pierre et sur les autres Apôtres.17

 

Sous l’autorité des évêques en communion avec le Pape

 

« La doctrine catholique enseigne que l'Évêque est le principe et le fondement visible de l'unité dans l'Église particulière confiée à son ministère pastoral.18 Mais, dans chaque Église particulière, pour qu'elle soit pleinement Église, la suprême autorité de l'Église doit être présente, à savoir le Collège épiscopal avec son Chef, le Pontife romain, et jamais sans lui. »

 

Une communion d’Eglise qui se prouve par l’amour mutuel et le pardon

 

« L'histoire de l'Église nous enseigne aussi qu'une authentique communion ne s'exprime pas sans un effort douloureux de réconciliation.23 En effet, la purification de la mémoire, le pardon de ceux qui ont fait le mal, l'oubli des torts subis et la pacification des cœurs dans l'amour, qui sont à réaliser au nom de Jésus crucifié et ressuscité, peuvent exiger le dépassement de positions ou de visions personnelles issues d'expériences douloureuses ou difficiles, mais ce sont des pas qu'il est urgent d'accomplir pour accroître et manifester les liens de communion entre les fidèles et les Pasteurs de l'Église en Chine. »

 

NB. Le Pape sait que l’effort de réconciliation demandé sera très douloureux. Dans la mentalité chinoise traditionnelle, le pardon est une faiblesse, voire une injustice et un manque de piété filiale (xiao). Des groupes de familles ou de villages nouent facilement  des solidarités de caractère clanique. Il est à craindre que des poches clandestines demeurent envers et contre tout, prenant pour excuse que le Pape a été mal conseillé et qu’il ne connaît pas assez la Chine

 

La division des communautés ecclésiales est provoquée par une  ingérence abusive de certains organismes d'État

 

« 7. Une analyse attentive de la situation douloureuse de fortes oppositions, déjà évoquée (cf. n. 6), qui voit engagés de nombreux fidèles laïcs et des Pasteurs, met en évidence, parmi les causes variées, le rôle significatif rempli par des organismes qui ont été imposés comme les principaux responsables de la vie de la communauté catholique. En effet, aujourd'hui encore, la reconnaissance de la part des dits organismes est le critère pour déclarer légaux une communauté, une personne ou un lieu religieux, et donc « officiels ». Tout cela a causé des divisions, que ce soit dans le clergé ou parmi les fidèles. C'est une situation qui dépend surtout de facteurs extérieurs à l'Église, mais qui a conditionné son chemin de manière sérieuse, donnant aussi naissance à des suspicions, à des accusations réciproques, à des dénonciations, et qui continue à être une faiblesse préoccupante. »

 

NB. Ce texte vise principalement l’Association patriotique des catholiques de Chine formée en juillet 1957 sous l’égide de Zhou Enlai. A partir de 1958 cette association a forcé l’ordination d’évêques sans l’accord de Rome. Les dirigeants  de l’Association aux divers niveaux ont souvent tendance à gérer à leur profit les capitaux de l’Eglise. Mais l’Association ne doit pas être confondue avec le gouvernement chinois. L’Association met en œuvre dans l’Eglise ce que le Parti communiste demande. Si le Parti élargit sa politique religieuse à la suite des demandes du Pape, l’Association devra se montrer plus respectueuse de l’autorité des évêques. Notons aussi que l’activité de l’Association n’est pas toujours négative. En bien des lieux, elle est dirigée par le curé lui-même. Elle peut également être dirigée par des laïcs dévoués qui jouent le rôle d’un conseil paroissial efficace.

 

L’autorité dans l’Eglise appartient aux seuls évêques unis au successeur de St Pierre

 

« Considérant « le dessein originel de Jésus »,32 il apparaît évident que la prétention de certains organismes, voulus par l'État et étrangers à la structure de l'Église, de se placer au-dessus des Évêques eux-mêmes et de guider la vie de la communauté ecclésiale ne correspond pas à la doctrine catholique selon laquelle l'Église est « apostolique »  Par conséquent, dans toute Église particulière, seul « l'Évêque diocésain paît au nom du Seigneur le troupeau qui lui est confié comme son pasteur propre, ordinaire et immédiat »,34 et, au niveau national, seule une Conférence épiscopale légitime peut formuler des orientations pastorales, valables pour la totalité de la communauté catholique du Pays concerné.35…

 

« Même la finalité déclarée desdits organismes de mettre en œuvre « les principes d'indépendance et d'autonomie, d'autogestion et d'administration démocratique de l'Église » 36 est inconciliable avec la doctrine catholique. »

 

NB. Ces termes entre guillemets sont ceux-là mêmes utilisés inlassablement par l’Association patriotique. Même après cette déclaration du pape, le vice-président Liu Bainian prétend encore que les nominations d’évêques seront faites par la Chine. On peut penser qu’il n’a pas encore reçu d’ordre supérieur lui spécifiant comment les nominations pourront être faites par la Chine en conjonction avec une nomination par le pape.

 

Tous les évêques sont chinois et méritent d’être citoyens à part entière

 

« Actuellement, tous les Évêques de l'Église catholique en Chine sont fils du Peuple chinois. Malgré de nombreuses et graves difficultés, l'Église catholique en Chine, par une grâce particulière de l'Esprit Saint, n'a jamais été privée du ministère de Pasteurs légitimes, qui ont conservé intacte la succession apostolique. ..

 

Certains d'entre eux, ne voulant pas être soumis à un contrôle indu exercé sur la vie de l'Église et désireux de maintenir une pleine fidélité au Successeur de Pierre et à la doctrine catholique, se sont vus contraints de se faire consacrer clandestinement. La clandestinité ne rentre pas dans la normalité de la vie de l'Église… »

 

NB. « Tous les pasteurs de l’Eglise, évêques et prêtres, sont chinois » : constatation sans commentaire mais lourde de sens. Depuis plus de 50 ans, tous les missionnaires étrangers, soit environ 5000 prêtres et religieuses,  ont été chassés de Chine. Il en résulte que les chinois ont dû gérer eux-mêmes l’Eglise sans influence ou arbitrage étranger. Le christianisme catholique et protestant est devenu  deux des 5 religions officielles de la Chine avec les taoïstes, les bouddhistes et les musulmans. C’est un grand bond en avant dans l’histoire de l’Eglise. C’était le but final d’une société missionnaire comme les Missions Etrangères de Paris : développer une Eglise locale sous l’autorité  de pasteurs locaux.

 

 

 

Le contrôle des autorités civiles ne justifie pas forcément la clandestinité

 

« Devant une situation aussi difficile, de nombreux membres de la communauté catholique se demandent si la reconnaissance de la part des Autorités civiles — nécessaire pour agir publiquement — ne compromet pas en quelque manière la communion avec l'Église universelle. Je sais bien qu'une telle question constitue une douloureuse inquiétude pour le cœur des Pasteurs et des fidèles. À ce sujet, je considère en premier lieu que la sauvegarde indispensable et vigoureuse du dépôt de la foi et de la communion sacramentelle et hiérarchique ne s'oppose pas, en soi, au dialogue avec les Autorités en ce qui concerne les aspects de la vie de la communauté ecclésiale qui ont une incidence dans le domaine civil. On ne voit pas de difficultés particulières pour accepter la reconnaissance concédée par les Autorités civiles, à condition que cela ne comporte pas la négation des principes de la foi et de la communion ecclésiastique, auxquels on ne peut pas renoncer. »

 

NB. La clandestinité des évêques chinois n’a pas été causée par leur fidélité à une puissance étrangère  mais par leur souci de maintenir l’intégrité de leur foi face à des pressions excessives. Si l’Etat reconnaît l’union des évêques avec le souverain pontife, ils n’ont plus de raison de demeurer dans la clandestinité.

 

Si les pressions locales sont excessives, c’est à l’évêque de décider

 

« Cependant, dans de nombreux cas concrets, sinon presque toujours, dans la procédure de reconnaissance, interviennent des organismes qui obligent les personnes engagées à avoir des attitudes, à poser des gestes et à prendre des engagements qui sont contraires aux préceptes de leur conscience de catholiques. Je comprends donc que, dans ces conditions et dans ces circonstances variées, il soit difficile de déterminer le choix correct à faire. Pour cette raison, le Saint-Siège, après avoir affirmé de nouveau les principes, laisse les décisions à chaque Évêque, qui, ayant écouté son presbyterium, est mieux en mesure de connaître la situation locale, d'évaluer les possibilités concrètes de choix et d'envisager les éventuelles conséquences au sein de la communauté diocésaine. »

 

NB. Cette faculté laissée aux évêques de décider eux-mêmes s’ils peuvent se soumettre au contrôle officiel est une mesure de prudence. Mais c’est aussi le risque de laisser se développer une Eglise « réfractaire » attachée à quelques vieux évêques clandestins.

 

La nomination des évêques revient à l’autorité religieuse

 

La nomination des Pasteurs pour une communauté religieuse déterminée est comprise, également dans les documents internationaux, comme un élément constitutif du plein exercice du droit à la liberté religieuse.43 Le Saint-Siège aimerait être entièrement libre de la nomination des Évêques; 44 considérant donc le récent chemin particulier accompli par l'Église en Chine, je souhaite que l'on trouve un accord avec le Gouvernement pour résoudre certaines questions concernant soit le choix des candidats à l'épiscopat, soit la publication de la nomination des Évêques, soit la reconnaissance — avec les effets civils dans la mesure où ils sont nécessaires — du nouvel Évêque de la part des Autorités civiles. »

 

NB. En laissant le Pape nommer les évêques comme le font presque toutes les nations du monde, la Chine se comporterait en nation civilisée (wenming guojia). En insistant pour nommer elle-même les évêques la Chine prendrait 500 ans de retard, car elle se comporterait comme le roi absolu Henri VIII, fondateur de l’Eglise anglicane au début du XVIe siècle.
Directives pastorales

 

Communion sacramentelle, signe d’unité entre tous les vrais croyants

 

« Dans de nombreuses circonstances, vous vous êtes posés le problème de la concélébration de l'Eucharistie. À ce sujet, je rappelle qu'elle présuppose, comme conditions, la profession de la même foi et la communion hiérarchique avec le Pape et avec l'Église universelle. Il est donc licite de concélébrer avec des Évêques et des prêtres qui sont en communion avec le Pape, même s'ils sont reconnus par les Autorités civiles et s'ils maintiennent des relations avec des organismes voulus par l'État et étrangers à la structure de l'Église »

 

NB. Les catholiques clandestins ont longtemps considéré que c’était un péché mortel d’aller communier dans une église officiellement ouverte sous l’égide de l’Association patriotique. Le pape met fin à ce blocage excessif et encourage ainsi les relations entre « clandestins » et « officiels ».

 

Dialogue autour des nouvelles divisions administratives des diocèses

 

« 11. De nombreux changements administratifs sont intervenus dans le domaine civil au cours des cinquante dernières années. Cela a touché aussi diverses circonscriptions ecclésiastiques, qui ont été supprimées ou regroupées, ou encore modifiées dans leur configuration territoriale sur la base des circonscriptions administratives civiles. À ce sujet, je désire confirmer que le Saint-Siège est disposé à affronter la totalité de la question des circonscriptions et des provinces ecclésiastiques dans un dialogue ouvert et constructif avec l'Épiscopat chinois et — dans la mesure où cela est opportun et utile — avec les Autorités gouvernementales. »

 

Apporter le plus grand soin à la formation des prêtres et des religieuses

 

« Je suis cependant conscient qu'une telle floraison s'accompagne aujourd'hui de nombreuses difficultés. L'exigence, tant d'un discernement vocationnel plus attentif de la part des responsables ecclésiaux, que d'une éducation et d'un enseignement plus approfondis des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse, se fait donc jour. En dépit de la précarité des moyens à disposition, il faudra, pour l'avenir de l'Église en Chine, s'attacher à assurer, d'une part, une attention et un soin particuliers aux vocations et, d'autre part, une formation plus solide en ce qui concerne les aspects humain, spirituel, philosophique, théologique et pastoral, à mettre en œuvre dans les séminaires et dans les instituts religieux.»

 

NB. Les prêtres sont souvent surchargés de tâches administratives en lien avec les autorités locales et de tâches pastorales pour le service des sacrements. Certains ne trouvent pas le temps de faire une retraite annuelle. Ils sont souvent isolés, manquant d’un moyen de transport. Les religieuses sont souvent du niveau brevet d’études, ignorantes parfois de ce que signifient les trois vœux de vie consacrée, à la disposition des évêques et des curés souvent pour des tâches matérielles et privées de la formation voulue pour assurer des services religieux ou sociaux.

 

 

 

 

Témoignage des laïcs en milieu urbain et rural et surtout dans la vie familiale

 

« Puisque l'avenir de l'humanité passe par la famille, je considère indispensable et urgent que les laïcs en promeuvent les valeurs et en maintiennent les exigences. ..La famille occupe une place très importante dans les cultures asiatiques; et, comme l'ont souligné les Pères du Synode, des valeurs familiales comme le respect filial, l'amour et le souci des personnes âgées et malades, l'amour à l'égard des enfants et l'harmonie sont tenues en grande estime dans toutes les cultures et traditions religieuses de ce Continent ».52

 

NB. La tradition familiale chinoise demeure soutenue par le principe du xiao (piété filiale), mais elle s’est bien dégradée en pratique. Les divorces sont fréquents depuis que les femmes jouissent de l’indépendance économique. Les jeunes couples vivant dans leur propre appartement omettent éventuellement de soutenir leurs vieux parents.

 

Journée de prière pour l'Église en Chine

 

« 19. Chers Pasteurs et fidèles, le 24 mai, qui est consacré à la mémoire liturgique de la bienheureuse Vierge Marie, Auxiliaire des chrétiens — vénérée avec tant de dévotion dans le sanctuaire marial de Sheshan à Shangaï —, pourrait devenir, dans l'avenir, une occasion pour les catholiques du monde entier de s'unir par la prière à l'Église qui est en Chine.
Je désire que cette date soit pour vous une journée de prière pour l'Église en Chine.

 

NB. Le choix de Sheshan plutôt que l’autre grand pèlerinage marial de Donglü dédié à Notre-Dame de Chine peut être dû à des raisons diverses : l’accès à Donglü dans la campagne du Hebei est plus difficile. De plus, le site est actuellement interdit par les autorités civiles. Le choix de Donglü pouvait paraître une provocation. Sheshan enfin est connu et très fréquenté par les pèlerins et touristes du monde entier. « Marie, secours des chrétiens » répond à la fois aux besoins des catholiques chinois et à l’appel du Pape à une prière mondiale.