Les Boxers et le Christianisme en Chine, Colloque international à Taiwan et Hongkong. 10-14 Juin 2004
Une conférence internationale sur la question des Boxers a été organisée conjointement par trois organismes chrétiens: le Centre d’étude des Religions et de la Société Chinoise du Collège Chung Chi de l’Université chinoise de Hongkong, le Centre d’études du Saint Esprit du diocèse de Hongkong et le Centre de recherche historique de l’Université catholique Fujen de Taipei.
Date : 12/10/2004
Auteur : RFC
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Les Boxers et le Christianisme en Chine
Colloque international à Taiwan et Hongkong. 10-14 Juin 2004
Une conférence internationale sur la question des Boxers a été organisée conjointement par trois organismes chrétiens: le Centre d’étude des Religions et de la Société Chinoise du Collège Chung Chi de l’Université chinoise de Hongkong, le Centre d’études du Saint Esprit du diocèse de Hongkong et le Centre de recherche historique de l’Université catholique Fujen de Taipei. Sept sessions incluant un total de 16 interventions ont pris place à Taipei les 10 et 11 juin. Quatre sessions ont suivi à Hongkong le 14 juin avec 8 exposés dont celui du professeur Tao Feiya de l’Université de Shanghai sur les interprétations diverses du mouvement des Boxers dans les articles chinois publiés ces vingt dernières années.
Les intervenants ont tenu à aborder cette question de façon scientifique et objective, sachant combien les massacres d’étrangers et de chrétiens chinois opérés par les Boxers en 1900 ont pu laisser des traces dans la mémoire chrétienne. Il s’agissait également de respecter le patriotisme chinois, Mao Zedong ayant glorifié les Boxers comme les avant-gardes de la révolution communiste pour une libération totale de tous les empiètements impérialistes étrangers. Le principe sacré de l’indépendance chinoise est toujours bien ancré à la fois dans la politique générale du Parti et dans l’opinion publique. Mais l’indépendance chinoise aujourd’hui ne se nourrit plus d’une haine viscérale de l’étranger. Depuis plus de vingt ans, les échanges se sont multipliés pour le plus grand bien du pays. Il devient ainsi possible de prendre en considération ce qu’il y avait de négatif dans la fureur des Boxers contre l’effort de modernisation soutenu par les puissances étrangères.
L’aspect religieux du conflit a été mis en relief par l’un des conférenciers, le professeur Chen Fangzhong de l’Université Fujen de Taipei. Les pratiques rituelles en partie secrètes des Boxeurs, en particulier leur entrée dans un état de possession par des héros mythiques ou des divinités invincibles pouvait les faire classer parmi les sectes dangereuses. Mais leur comportement s’apparentait à bien des aspects de la religiosité populaire et c’est au nom de la religion traditionnelle des temples chinois qu’ils voulaient forcer leurs compatriotes chrétiens à apostasier sous peine de mort. Leur slogan « soutenir les Qing, anéantir l’étranger » montrait en outre que leur soulèvement n’était en rien dirigé contre la dynastie régnante.
La politique actuelle de maintien de la stabilité et de la discipline du Parti explique sans doute que les chercheurs de République populaire de peuvent participer que de façon bien timide à une recherche sur les Boxers. C’est bien dommage, car ils en savent sans doute beaucoup plus que les observateurs étrangers. On peut le deviner d’après la grande qualité d’une série de vidéo CD aujourd’hui en vente dans les librairies Xinhua. Sous le titre « Zou xiang Gongheguo » (en marche vers la République). Le jeu des personnalités qui ont marqué la fin du XIXe siècle et les premières années du XXe siècle est analysé avec une grande finesse et une puissance d’expression que seul peut rendre ce media des videofilms. En ce qui concerne la question des Boxers, la fibre patriotique est évoquée dans une longue tirade de l’impératrice douairère Cixi qui reprend depuis ses débuts l’histoire des empiètements étrangers. D’un autre côté, son soutien aux Boxers suivi d’une folle déclaration de guerre à toutes les puissances étrangères paraît bien suicidaire. La défaite des réformateurs en 1898 et la faiblesse de l’Empereur sont traitées en éléments déplorables qui ont retardé l’entrée de la Chine dans le monde moderne. Grâce à cette série vidéo, la Chine fait son examen de conscience à l’échelle du pays tout entier. Ce spectacle invite à réfléchir sur le fond du problème humain : comment la Chine peut-elle garder son âme et ses principes éthiques en s’exposant à tous les enjeux d’une économie libérale et d’une démocratie marquées par l’Occident ?
Face à une telle réflexion au sein des masses chinoises, la question des Boxers soulevée par quelques intellectuels chrétiens en marge du pays peut paraître bien minime. Mais il est important pour les Chrétiens de poursuivre, à l’invitation du Pape Jean-Paul II, un examen critique de leur comportement au cours de l’histoire face au peuple chinois.