Hongkong Tao Fong Shan
10ème anniversaire de l’Institut d’études sino-chrétiennes
Date : 12/06/2006
Auteur : J. Charbonnier
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L’Institut d’études sino-chrétienne (ISCS) a été inauguré il y a dix ans sur la colline de Tao Fong Shan à Shatin, dans les « Nouveaux territoires » de Hongkong. Il y avait là depuis longtemps un centre d’études chrétiennes fondé à l’origine par Karl Reichelt dans une optique de dialogue avec les bouddhistes. Depuis dix ans, le nouvel Institut œuvre à développer une théologie sino-chrétienne en même temps qu’une intégration de la pensée chrétienne à la culture chinoise. Dès 1993, le directeur du centre Daniel Yeung, rencontrait à Bâle le Docteur Liu Xiaofeng qui devait rapidement devenir la cheville ouvrière et l’inspirateur de la nouvelle filière d’études. Une revue était lancée en 1994, Logos et Pneuma qui se fixait trois buts : développer une théologie chrétienne prenant en compte les ressources culturelles et historiques de la Chine ; construire une discipline théologique dans le domaine universitaire chinois en partenariat de dialogue avec le confucianisme, le taoïsme, le bouddhisme, et les traditions spirituelles modernes ; étendre cette entreprise à tout le monde chinois, y compris la diaspora chinoise dans le monde. Les professeurs Liu Xiaofeng et He Guanghu ont publié en 1995 et 96 des ouvrages précisant ces orientations. Le Centre a entrepris un énorme travail de traduction et de publications originales aboutissant à la constitution d’une Bibliothèque chinoise de pensée chrétienne (CALCT Chinese Academic Library of Christian Thought)
Plus de 100 ouvrages classiques de théologie ont été traduits en chinois. Le Centre a sa propre équipe de recherche mais il travaille en liaison avec des douzaines de professeurs qualifiés venant chaque année du continent chinois pour de courts stages de recherche ainsi qu’avec des étudiants engagés dans des études du christianisme. L’équipe ISCS multiplie les rencontres dans des colloques internationaux qu’elle organise elle-même ou auxquels elle participe : Pékin en 1994 et 95, Hefei au Anhui en 1995, Kuala Lumpur, Malaysia en 1996, Pékin et Shanghai à l’Université Fudan en 1997, Taipei Université Fujen en 1998, Pékin Université populaire en 1999 et 2001, Berlin en 2001, Finlande en 2003, etc. Parmi les personnalités en visite à Taofengshan, on peut remarquer Hans Küng, Jürgen Moltmann, le professeur Zhuo Xinping de l’Académie des Sciences sociales de Pékin, Nicolas Standaert S.J. directeur du département des études chinoises à l’Université de Leuven.
Pour marquer le 10ème anniversaire de l’Institut, une conférence a été organisée le 24 octobre 2005 à Tao Fong Shan sur le thème : «Tillich et la théologie sino-chrétienne ». On comptait parmi les conférenciers 11 spécialistes de Tillich venus du continent, de Taïwan et de Hongkong. Les participants, professeurs et étudiants, étaient plus de 40. Les débats ont d’abord porté sur les types de corrélation définis par Tillich entre théologie et culture, puis sur la théologie politique de Tillich, la signification en Chine de son ‘socialisme religieux’, sa conception de l’Etat, etc. D’autres aspects de la pensée de Tillich ont été discutés, entre autres ses liens avec la pensée de Heidegger sous l’influence de la philosophie de Schelling.
Le ‘Logos et Pneuma Press » a publié en 2005 six ouvrages : le N° 23 du ‘Chinese Journal of Theology Logos and Pneuma sous le titre ‘Radical Orthodoxy’ ; dans la série ‘Antiquité’, la traduction par Zhou Weichi du Traité de Saint Augustin Le péché originel et la grâce : contre les Pélagiens ; dans la série des monographies, un étude sociologique par trois auteurs sur les relations entre chrétiens et population locale dans le district de Tai’an, province du Shandong sous le titre ‘Christianisme au pied du Taishan’ ; dans la série traduction, Les théologiens modernes : une introduction à la théologie chrétienne au XXe siècle (édité par David F. Ford),
L’avenir du christianisme par Alister E. McGrath, Pourquoi Seigneur ? La souffrance et le mal dans la théologie africaine par Antholy Pinn.
Ce bref aperçu ouvre un vaste horizon sur la réflexion de fond qui passionne nombre d’intellectuels chinois. Ces ouvrages sont en fait bien diffusés dans plus d’une trentaine de centres universitaires d’études religieuses en République populaire de Chine.