Deux colloques d’études chinoises début septembre
Leuven (1 au 4 septembre) :
8ème symposium international de la Fondation Verbiest
sur l’histoire chrétienne en Chine
Date : 12/10/2004
Auteur : RFC
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Une quarantaine de chercheurs, européens et chinois, ont pris part à cette rencontre. L’objectif était de présenter divers travaux sur le thème suivant : l’apport des Chinois, prêtres, religieux et laïcs au développement de l’Eglise locale catholique dans la Chine impériale. Les contributions les plus significatives ont peut-être été fournies par des chercheurs chinois qui ne sont pas chrétiens eux-mêmes. Mlle Jenny Li Zhen, de Pékin, a ainsi fait connaître l’apologétique de Liu Ning (1625 ?-1715), un converti de la province du Jiangxi, auteur de 14 ouvrages chinois. Employé au service de l’instruction publique, cet intellectuel entra en relation avec les missionnaires et fut baptisé Paul. Il était familier du jésuite français Joseph de Prémare (1666-1736) et lui apporta une aide précieuse dans ses études de philologie chinoise. Son ouvrage apologétique le Jue si lu adopte une approche voisine de celle de Matteo Ricci en situant la révélation chrétienne dans l’optique de la pensée confucéenne originelle.
Le professeur Tang Kaijian, enseignant à Canton, un bourreau de travail auteur de plusieurs ouvrages, a réalisé le tour de force de découvrir dans une bibliothèque de Taipei l’ouvrage d’un intellectuel catholique de la fin des Ming que le célèbre historien catholique Fang Hao ne connaissait pas. Han Lin (nommé aussi Yu gong) fut baptisé dans sa province du Shanxi vers 1620. Il s’intéressa en particulier à l’artillerie. Il écrivit une douzaine d’ouvrages dont un traité catholique le Shengjiao xin zheng. Le livre étudié par le professeur Tang est un traité d’art militaire, le Shou yu quan shu. Cet ouvrage très documenté cite une centaine de sources, en particulier quelques articles des grands convertis catholiques Paul Xu Guangqi et Léon Li Zhizao, textes perdus par ailleurs. Il témoigne d’une grande ouverture à la science occidentale.
Mme Kang Zhijie, de l’Université de Wuhan, auteur d’un ouvrage sur la liturgie et les fêtes chrétiennes, a présenté son étude sur la communauté catholique de Mopanshan appelée aussi Chayuangou, le Val des plantations de thé, au nord de la province du Hubei. Fondé à l’origine par les jésuites dans le style de leurs « réductions » d’Amérique, ce village refuge a connu une histoire mouvementée et traversé de cruelles persécutions. Forte de cette étude très précise et documentée, Mme Kang Zhijie compte poursuivre ses enquêtes sur l’histoire d’autres villages catholiques. Non chrétienne elle-même, elle est professeur invitée au Grand séminaire de Wuhan.
Centre Sèvres (6-8 septembre)
Dixième Colloque International Ricci de Sinologie
C’est au Centre Sèvres, faculté de théologie jésuite de Paris, que s’est tenu le traditionnel Colloque de Chantilly. Cette rencontre internationale tous les trois ans prenait place autrefois dans le domaine des Fontaines de Chantilly. Le colloque est maintenant placé sous le patronage des Instituts Ricci (de Paris, San Francisco et Taipei). Dans la ligne des colloques passés, la trame centrale était la rencontre des cultures chinoises et occidentales. Le thème de cette rencontre 2004 était ainsi formulé : Les Rendez-vous manqués entre Chine et Occident (1600-2000).
L’histoire affinée des relations Chine-Occident abonde en fait en échanges fructueux et peut mettre en cause l’usage de cette expression « Rendez-vous manqués ». Certains intervenant l’ont fait remarquer. Manqués pour qui ? Et en fonction de quels objectifs ?
Les interventions diverses et précises tendaient en fait à faire tomber le mythe d’une incommunicabilité entre les cultures chinoise et occidentale. Les sujets traités ont couvert un vaste éventail : science et religion, médecine, astronomie, techniques de la soie, linguistique, connaissance du bouddhisme, etc. L’exposé de Vincent Goossaert sur ‘La Chine et la notion occidentale de religion’ apportait un éclairage utile sur la politique religieuse actuelle et la reconnaissance officielle de cinq religions par le gouvernement. Claudia Von Cololani a ouvert un champ d’investigation jusqu’ici négligé en présentant le plan détaillé des 4 dissertations de Mgr Maigrot de Crissey sur la religion chinoise.